Le New York Times se spécialiserait-il dans les coming-outs? Dans l’édition de ce lundi 16 mai (mais en ligne dès hier), deux personnalités sortent du placard, dans deux domaines emblématiques, le sport et la télévision.

« SUJET TABOU »
Rick Welts, le président de l’équipe de basket américaine des Phoenix Suns, a 58 ans. En faisant son coming-out, explique le New York Times, il veut crever le silence qui entoure l’homosexualité dans les sports d’équipe masculins. Il veut servir de mentor aux homos qui doutent de pouvoir avoir une carrière dans le milieu du sport que ce soit sur le terrain ou dans les coulisses. Et il veut, surtout, se sentir bien. «C’est l’un des derniers secteurs où le sujet est tabou», explique Rick Welts au NY Times. Il raconte l’immense solitude endurée au moment de la mort de son compagnon Arnie en mars 1994; la séparation, il y a 2 ans, lorsque son compagnon depuis 14 ans n’a plus supporté le placard; le soutien de sa sœur et de sa mère, décédée à l’automne dernier; le soutien, aussi, de son entourage professionnel.

Avant de parler au journaliste du Times, Rick Welts a fait le tour des autorités du basket. Coïncidence, c’est à ce moment-là que la NBA a commencé le tournage d’un clip contre l’utilisation du mot «gay» pour dire «stupide», clip dans lequel apparaissent notamment 2 stars des Suns, Grant Hill et Jared Dudley (vidéo ci-dessous). C’est aussi à ce moment-là que Kobe Bryant a traité un arbitre de «pédé» (lire Le basketteur Kobe Bryant condamné à 100000 dollars d’amende pour propos homophobes).

http://youtu.be/8D_XLCmY0D8

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur NBA, GLSEN and Ad Council’s Official Think B4 You Speak PSA

« CULTURE NOIRE »
Autre milieu, autre coming-out, celui de Don Lemon, 45 ans, présentateur de CNN, dans un livre à paraître en juin et intitulé Transparent. Selon le New York Times, il y parle beaucoup de journalisme et de télévision, mais il sait ce qui sera surtout retenu: «Les gens vont dire, «Oh, il a été abusé enfant et maintenant il fait son coming-out». Je peux comprendre», raconte Don Lemon, qui s’est vu assurer du soutien de CNN. Mais c’est surtout parce qu’il est afro-américain que Don Lemon risque de rencontrer des obstacles, explique-t-il: «C’est à peu près la pire chose que l’on puisse être dans la culture noire. On vous apprend qu’il faut être un homme; il faut être masculin. Dans la communauté noire, ils croient que la prière peut faire partir l’homosexualité».

«Ce serait formidable si tout le monde pouvait être out, dit-il dans le NY Times. Mais c’est un choix tellement personnel. Chacun doit le faire à son rythme.» Il espère néanmoins que son coming-out permettra à des jeunes LGBT de renoncer à leurs idées suicidaires, citant en particulier Tyler Clementi. «Je pense que si j’avais vu plus de gens comme moi qui sont out et fiers, déclaré Don Lemon, il ne m’aurait pas fallu 45 ans pour le dire.»

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