On a coutume de dire que l’acceptation de l’orientation sexuelle des salarié-e-s est le dernier tabou du monde du travail. Pour quelques employé-e-s LGBT qui peuvent ouvertement parler de leur vie au travail, combien sont encore confiné-e-s dans le placard?

Balayons d’emblée l’argument « c’est la vie privée, elle n’a rien à faire au travail ». Autour de la fameuse machine à café ou lors des repas, les hétérosexuel-le-s peuvent évoquer librement leurs vacances en amoureux, leurs enfants et leurs projets. Et c’est tant mieux. L’idée d’une barrière totalement étanche entre la vie au travail et la vie en dehors est au mieux illusoire. Et vouloir l’ériger en règle se révélerait sans doute plus contre-productif qu’autre chose. Dès lors, au nom de quoi les gays, les lesbiennes, les bi et les trans’ devraient-ils/elles subir un traitement différent? Parce que ce qu’elles et ils ont à partager pourrait mettre mal à l’aise quelques personnes pleines de préjugés?

DIVERSITÉ
Depuis quelques années, le thème de la diversité est à la mode. Les départements ressources humaines de nombreuses entreprises veillent désormais à mieux inclure les femmes et les minorités en leur sein et à briser le plafond de verre qui empêche les non-hommes-blancs-hétérosexuels de progresser aussi bien que ces derniers.

Sur la question de l’orientation sexuelle, beaucoup – c’est peu de le dire – reste encore à faire, comme en témoigne une étude de L’Autre Cercle dont nous parlions sur Yagg en février dernier (lire Exclusif: Les comportements homophobes dans l’entreprise sont rarement sanctionnés, révèle une étude de L’Autre Cercle). Il faut saluer justement le travail remarquable de la fédération de L’Autre Cercle, qui n’a de cesse d’inciter les entreprises à adopter les « bonnes pratiques » vis-à-vis des personnes LGBT. Égalité de traitement entre couples mariés et couples pacsés, sensibilisation des personnels à l’homophobie, soutien des personnels, sanctions le cas échéant, signature de la Charte de la Diversité: de nombreuses possibilités s’offrent aux dirigeant-e-s en général et aux DRH en particulier.

NOTRE AMBITION
C’est précisément pour faire avancer cette cause que nous lançons aujourd’hui le réseau Yagg Pro. Notre ambition est d’abord de relayer et de mettre en valeur les lesbiennes, gays, bi et trans’ qui, dans leur vie professionnelle, font avancer les choses. L’homme d’affaires et éditeur Jean-Jacques Augier, dont vous pouvez découvrir l’interview en Une de Yagg Pro, est l’un de ceux-là. Au-delà de cet aspect, nous souhaitons mettre à disposition des internautes un outil d’échange et de partage sur ces questions et sur la vie professionnelle en général. À la rentrée, cette nouvelle communauté pourra se retrouver lors de rendez-vous réguliers dans « la vraie vie » – comme on dit – que nous préparons actuellement. D’ici là, nous espérons que vous aurez été nombreux/ses à nous rejoindre pour cette belle aventure.

En conclusion, nous tenions à remercier chaleureusement les premiers partenaires de Yagg Pro:  L’Autre Cercle, L’Institut Randstad, Orange et PPR. Leur soutien a été déterminant.

Photo: Abdel Aïssou, de Randstad, reçoit le deuxième Prix de la Diversité