Troisième épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

Week-end studieux sur la Croisette: des films, des rencontres, des soirées (oui, ici les soirées, c’est du travail!). Découverte du très attendu deuxième film de Jonathan Caouette et séance de rattrapage de gossips.

« WALK AWAY RENÉE »: TOUT POUR MA MÈRE

Jonathan Caouette avait scotché toute la planète cinéma avec Tarnation en 2003. Un film-confession dans lequel le jeune réalisateur racontait sa vie, son homosexualité, ses rapports familiaux complexes à l’aide des heures d’images tournées depuis son plus jeune âge. Un chef-d’œuvre. C’est donc dans une attente fébrile que tout Cannes faisait la queue devant la salle de la Semaine de la Critique qui programmait Walk Away Renée, son deuxième film, en séance spéciale.

Fidèle à son style, à ses thèmes, Caouette se concentre cette fois-ci exclusivement sur sa mère, Renée, qui, psychotique depuis des lustres, ne peut vivre qu’avec l’aide de nombreux médicaments qui lui évitent de sombrer dans la folie. Nous suivons donc leur trajet du Texas à New York que Jonathan a souhaité faire vivre à sa mère comme une petite récréation entre deux internements. Entrecoupé de flash-backs, de retours biographiques et de citations de Tarnation, le film se permet quelques sorties de route hallucinées: un clip tourné pour une communauté new age assez étrange (Les Briseurs de nuage, tout un programme!) et un délire visuel (un mash-up Fonds d’écran vs Google Maps dans ta face!).

Si l’effet de surprise n’est pas le même, Caouette confirme son talent particulier à nous faire pénétrer son intimité de la plus belle façon qui soit avec pour thème de fond un amour sans faille pour une mère qui n’est que failles. Caouette fait une déclaration d’amour à cette maman-héroïne d’un film qui ne néglige pas non plus l’amour du réalisateur pour David (son boyfriend) et Joshua (son fils de 15 ans). Cet amour généreux sur ce terrain si particulier de famille décomposée est tellement sincère et fort qu’il confine à l’universel.

Date de sortie dans les salles inconnue.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Extrait de Walk Away Renée: conversation dans la voiture.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Extrait de Walk Away Renée: dans le jardin.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Extrait de Walk Away Renée: Forgive the past, live in the present and look forward to the future.

GOSSIPS EN TOUS GENRES

N’ayant pas le jean adéquat (merci pour l’info dans les commentaires!), on a zappé la Queer Party de vendredi (qui ne l’était pas tant que ça d’après les échos) pour la soirée très en vue de Polisse, le film de Maïwenn. Marina Foïs et Karin Viard, visiblement très émues après l’ovation que la grande salle venait de réserver au film, étaient toutes les deux magnifiques, et la soirée plutôt réussie. Après nous avons découvert le mini-club privatisé par le Baron à Cannes, un triplex amusant avec plus de gens dehors que dedans, dans lequel le crew Caouette avait élu domicile pour cette fin de soirée.

Hier soir, jolie soirée au Pavillon américain pour Walk Away Renée, et longue conversation sur la plage avec John Cameron Mitchell, nostalgique de la soirée Shortbus qui avait eu lieu au même endroit quelques années plus tôt et venu soutenir son pote Caouette avant de filer tourner la nouvelle campagne Dior avec Jude Law.

Ce soir, on prévoit de se coucher tôt en prévision de l’émeute attendue demain pour la projo de presse de 8h30 du film de Terrence Malick, The Tree Of Life, attendu depuis… deux ans!

Franck Finance-Madureira

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