Deuxième épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

Les chocs se suivent et ne se ressemblent pas en compétition officielle. Aujourd’hui, Polisse, de Maïwenn, est l’événement à ne pas louper et un grand film. Autre moment sympathique de cette journée, quelques minutes passées sur la plage avec Gus Van Sant… On se remettra de tout cela ce soir avec une soirée haute en couleurs.

« POLISSE », ATTENTION CHEF D’ŒUVRE!
Le troisième film de Maïwenn, qui nous avait déjà convaincu-e-s avec Pardonnez-moi dans le registre film-confession et avec Le Bal des actrices pour ce qui est de la comédie-à-concept, est un très grand film.

Partant de dossiers réels traités par la brigade des mineurs de Belleville, l’actrice-réalisatrice nous prend par la main (elle s’est une fois de plus donné le rôle de l’observatrice) pour nous entraîner dans le quotidien de ces collègues de bureau pas vraiment comme les autres. Au cœur de l’action, sa caméra hyper vive qui lorgne du côté des séries télé les plus réussies (The Wire, par exemple) va nous permettre de suivre tous les moments forts de la vie de ces gens qui partagent chaque jour les pires enquêtes (pédophilie, incestes, viols…), les éclats de rire nécessaires et les confidences sur leur vie « en dehors » (famille, sexe…).

Avec un réel sens de l’équilibre, le film nous plonge dans des fous rires à répétition et il est souvent très difficile de réprimer des sanglots. Un film vivant. Le tout est magnifié par un casting de pointures qu’on adorait déjà mais qui n’avait jamais été aussi bonnes, aussi vraies, aussi émouvantes. Karin Viard, Marina Foïs, Karole Rocher ou encore JoeyStarr pour ne citer qu’eux sont absolument extraordinaires. On savait Maïwenn grande directrice d’acteurs, elle a mis tous ses talents au service d’un très grand film.

Sortie dans les salles le 19 octobre.

http://www.youtube.com/watch?v=XjghS24LGj8

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur « Polisse » de Maïwenn – Extrait.

UN CAFÉ AVEC GUS VAN SANT


Gus Van Sant:
Combien de films dans la sélection Queer Palm cette année?

Franck Finance-Madureira: Une douzaine, sachant que nous avons une appréciation très large de la thématique! Mais vous êtes là à Cannes pour Restless qui n’est pour le coup pas très queer!

GVS: Oui, mais j’ai un projet que nous sommes en train de pitcher ici! C’est tout nouveau, et j’y travaille avec Thomas M. Lauderdale, le leader du groupe Pink Martini. C’est un film sur l’un des premiers grands scandales gays, après le procès d’Oscar Wilde. En 1912, des hommes dans les YMCA de Portland fraternisaient avec de jeunes garçons… Il y avait un livre sur le sujet et une retranscription du procès. Michael Cunningham, l’auteur de The Hours, un grand écrivain queer, l’a adapté, il avait aussi cette histoire en tête depuis longtemps. Ce procès est aussi un portrait de ce qu’était le Portland gay en 1912. Peut-être qu’on viendra à Cannes l’année prochaine et qu’on sera éligible pour la Queer Palm!

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