L’annonce fait grand bruit et c’est une très bonne nouvelle, même si cela fait plusieurs mois que des experts affirment que le traitement pris précocement permet de réduire de façon significative le risque de transmission du VIH dans le couple.

DIMINUTION SPECTACULAIRE DE LA TRANSMISSION
L’étude américaine (HPTN 052) qui vient d’être rendue publique, conduite auprès de 1800 couples (dont 97% étaient hétérosexuels) dans neuf pays, a été tellement concluante qu’elle a été interrompue 4 ans avant la date prévue! Non seulement le traitement précoce présente un bénéfice indéniable pour la santé de la personne séropositive mais « il existe le bénéfice évident d’une diminution spectaculaire de transmission à son ou sa partenaire », explique le Dr Anthony Fauci, du NIAID (National National Institute of Allergy and Infectious Diseases).

Dans l’essai, la moitié des personnes séropositives recevait un traitement tout de suite et l’autre moitié lorsque leur taux de CD4 tombait en dessous de 350 ou qu’elles avaient une maladie classante sida. Les chercheurs ont analysé les données provisoires et parmi les 28 infections qui ont eu lieu entre des partenaires, 27 sont arrivées dans les couples où le traitement avait été retardé.

L’investigateur principal, le Dr Myron Cohen de l’Université de North Carolina, affirme que les chercheurs ont été très surpris par l’ampleur de la réduction. Un bémol cependant, l’étude porte sur les couples hétérosexuels et on ne sait pas si, en raison des modes de transmission, le même taux de réduction de la transmission serait obtenu chez les couples homosexuels, majoritairement touchés dans les pays occidentaux.

LE TRAITEMENT COMME OUTIL DE PRÉVENTION
Plusieurs études épidémiologiques ou observationnelles avaient déjà montré une forte réduction de la transmission, mais c’est la première fois qu’une étude randomisée (on compare deux groupes de patients) vient apporter de l’eau au moulin des partisans du traitement comme outil de prévention (lire le chat avec le Pr Gilles Pialoux). Cet essai portait sur le traitement de la personne séropositive et l’on sait aussi que des essais portent sur l’utilisation préventive d’un traitement antirétroviral chez les séronégatifs (Iprex aux États-Unis, IPergay en projet en France).

TRAITER TÔT LES SÉROPOSITIFS
Déjà, en avril 2009, dans un rapport qui avait fait grand bruit, le Conseil national du sida, décidément bien inspiré, recommandait de traiter le plus tôt possible les séropositifs, afin de réduire les risques de transmission. Dans une interview vidéo à Yagg, Le Pr Willy Rozenbaum, président du CNS, expliquait pourquoi il préconisait cette intervention précoce (voir ci-dessous). L’étude américaine vient de lui donner raison.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Le Pr Willy Rozenbaum préconise de traiter tôt.

Toutes les infos sur les combinaisons de traitement sont sur le Pilulier.

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