Premier épisode de notre chronique en direct de la 64e édition du Festival de Cannes, avec notre envoyé spécial Franck Finance-Madureira, également organisateur de la Queer Palm.

C’est reparti pour 12 jours de folie cinéphile sur la Croisette. Après une ouverture un peu convenue (Midnight in Paris, un Woody Allen carte postale parisienne), la sélection officielle a débuté ce jeudi avec, entre autres, un film choc et perturbant, vu ce matin, We Need To Talk About Kevin.

JE T’AIME MOI NON PLUS, MAMAN…
We Need To Talk About Kevin, le film de Lynne Ramsay est adapté du livre à succès de Lionel Shriver. La géniale Tilda Swinton porte ce film avec toute la puissance qu’on lui connaît, sur un sujet des plus compliqués puisque, sans dévoiler l’intrigue plutôt déroutante et surprenante du film, on peut dire que le sujet de fond est la relation mère-fils.

Une relation extrêmement compliquée qui nous tient en haleine pendant presque deux heures d’un film à la fois très graphique et dur qui n’est pas sans rappeler les débuts du New Queer Cinema avec un ado au charme maléfique que n’aurait pas renié Araki, une situation familiale complexe qui aurait pu inspirer Gus Van Sant (qui présente aujourd’hui Restless à Un Certain Regard) et Tilda Swinton, égérie historique de Derek Jarman, dans un rôle qui la transcende totalement et qui, comme pour Amore l’année dernière l’a convaincue d’être coproductrice de ce projet.

Le film est bouleversant, sans concession, et d’une réelle intelligence dans le montage qui parvient à alterner plusieurs périodes de l’histoire tout en maintenant la cohérence globale au profit d’une sorte d’étude de cas psychologique qui aurait revêtu les habits d’un thriller. Le premier choc assez frontal de ce Festival.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur We Need To Talk About Kevin Extrait 1.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur We Need To Talk About Kevin Extrait 2.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur We Need To Talk About Kevin Extrait 3.

GOSSIPS EN TOUS GENRES
Notre « gorge profonde » du Palais a repris du service et la cérémonie d’ouverture n’a pas échappé à ses sarcasmes. En substance: un Woody Allen mou-mou qui milite pour une muséification de notre belle capitale, une hôtesse charmante et fraîche (Mélanie Laurent) et un juré qui sort du lot, beau et lumineux (Juuuuuuude Law!).

Les problèmes de passeport s’invitent en guest au Festival. Gus Van Sant a égaré le sien, remettant en cause l’organisation quasi-militaire du triptyque projo-junkets-soirée prévu pour accompagner son nouveau film Restless. Et voilà que l’actrice la plus connue de Nollywood (le pendant nigérian des deux autres Wood: Holly et Bolly) se fait refuser son visa à la dernière minute alors que quelques interviews étaient déjà calées. D’après nos informations, Lady Gaga n’aurait eu aucun souci de cet ordre même si ici (on n’a pas la télé), personne ne sait si elle est vraiment venue ou pas…

Ce soir, Paris Première lance la collection des soirées chic Cannes 2011, avec une Paris Chéri au Chérie, Chéri, la seule plage sur laquelle on peut discuter en tête-à-tête dans une baignoire, Élisabeth Quin et Gérard Lefort peuvent confirmer (comme en témoigne cette photo prise ce matin lors de la rencontre presse avec le jury de la Queer Palm):

Texte et photo Franck Finance-Madureira