Les réunions publiques sur l’essai de prévention de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) se multiplient. Ce mardi 10 mai à Lyon, demain à Paris, vous pourrez venir poser vos questions sur ce premier essai visant à évaluer une offre globale de prévention dont l’utilisation d’un traitement préventif, pour réduire les risques de transmission du VIH chez les gays séronégatifs. (voir les infos pratiques en fin d’article). Le groupe interassociatif TRT-5, qui a mené une consultation communautaire sur la recherche en prévention et sur l’essai Ipergay (Intervention préventive de l’exposition aux risques par et pour les gays) en particulier, a répondu à nos questions.

Organiser une consultation communautaire c’est une première pour le TRT-5 ?
Oui, ce fut une première, surtout en direction d’associations gays ou LGBT et de personnes séronégatives. Le TRT-5 a une forte « identité séropositive » – quel que soit par ailleurs le statut sérologique de ses membres, et il n’a pas l’habitude de travailler sur des enjeux de prévention, quand bien même s’agit de la recherche. Ce à quoi nous sommes plus habitués, ce sont des enquêtes, que nous menons sur des enjeux politiques identifiés sur la base de ce qu’expriment des séropositifs. Leurs résultats nous donnent une image plus globale des problèmes dont il est question, et nous permettent d’être plus pertinents et plus efficaces dans notre travail de plaidoyer et de lobby. Concernant l’essai «PrEP», qui s’appelle désormais Ipergay, et qui vise à évaluer une intervention de prévention auprès de gays séronégatifs, il était pour nous essentiel d’élargir cette base sociale, en allant à la rencontre d’associations gays/LGBT, et aussi d’homos séronégatifs, pour être mieux à même de défendre leurs intérêts au cours du travail d’élaboration de l’essai. C’est une question de légitimité et de pertinence de la parole portée auprès des chercheurs et de l’ANRS.

Ipergay marque-t-il un tournant dans la recherche en prévention?
De nombreuses recherches sont menées dans ce domaine à l’échelle mondiale. L’ANRS y est impliquée, mais pour l’instant aucune recherche de ce type n’a été menée en France – sauf si l’on se rappelle les essais des années 1990 sur la prévention de la transmission de la mère à l’enfant ou si l’on considère que les recherches sur le dépistage rapide menées ces dernières années sont aussi des essais de prévention. Il est probable qu’Ipergay inaugure une nouvelle génération de recherches de ce type, qui concerneraient d’autres groupes de population très exposés vis-à-vis du VIH ou des hépatites: femmes, étrangers ou migrants d’origine africaine, usagers de drogues bien sûr. C’est pour ça qu’il est important d’organiser dans les prochaines années la représentation des intérêts de ces groupes de population auprès des chercheurs et auprès de l’ANRS.

Comment voyez-vous le rôle de la consultation communautaire que vous avez menée l’année dernière?
La «consultation» telle que menée sur l’essai Ipergay, est une forme possible de participation des communautés concernées par le VIH (et les hépatites d’ailleurs) aux recherches menées par l’Agence. Il y en a d’autres, évidemment : dans ce domaine, beaucoup de choses sont à inventer.

Pour lire la suite, cliquez sur Page suivante.