Susanboyle59: Bonjour, en faisant des recherches, j’ai cru comprendre que les femmes et les lesbiennes ne pouvaient pas venir se faire dépister chez vous? Pourquoi? Autre question est-ce que les FTM peuvent venir? D’avance merci. PS: Mylène je vous trouve très bien habillée.

Nicolas Derche: En ce qui concerne les femmes et les FSF, actuellement elles ne peuvent pas venir au Checkpoint car elles ne rentrent pas dans les critères d’inclusion de la recherche de la même façon que les hommes hétérosexuels n’ayant pas de relation sexuelle avec d’autres hommes. Il va falloir pouvoir proposer et ouvrir ce type de dispositif aux femmes, aux FSF et aux hommes hétérosexuels afin qu’ils et elles puissent en bénéficier. Sur la question des FTM, ils peuvent être accueillis au Chekpoint à partir où ils considèrent être un homme ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. De la même manière, une MTF peut venir au Chekpoint si elle considère répondre aux critères d’inclusion.

roger: Pourquoi de plus en plus de jeunes sont-ils contaminés par le sida?

Mylène Pradelle: Subjectivement on peut voir qu’il y a une augmentation des contaminations chez les très jeunes entre 18 et 25 ans mais en raison de l’augmentation des prises de risque occasionnelles et de la confiance accordée plus facilement par les plus jeunes qui découvrent le milieu gay, surtout dans les grandes villes.

Nicolas Derche: Ce sont des observations qu’on peut faire au Checkpoint mais qu’on ne peut pas généraliser. À l’heure actuelle, on ne peut pas assurer que ce sont les plus jeunes qui sont les plus vulnérables par rapport au risque de contamination par le VIH.

Thierry Schaffauser: Bonjour, j’ai appris que des tests rapides étaient proposés lors des tournées de bus de prévention au bois de Boulogne. Ne craignez vous pas que ce contexte soit insuffisant et dangereux pour accompagner la personne qui risque de découvrir sa séropositivité alors que le bus doit repartir, qu’elle doit retourner faire des clients et que les collègues autour risquent de l’apprendre et d’avoir des réactions hostiles?

Nicolas Derche: Au Kiosque, à l’heure actuelle nous sommes très méfiants par rapport à l’utilisation des tests rapides « hors les murs », à cause de l’absence de contexte structurel qui permet d’améliorer l’accompagnement du résultat. Le risque de perdre de vue la personne est grand ainsi que le risque que la personne soit stigmatisée par ses pairs.

Il y a d’autres expériences qui sont réalisées à l’étranger avec des tests classiques par des unités mobiles qui se rendent sur les lieux de prostitution, les lieux de drague, voire les établissements de consommation sexuelle avec la possibilité pour la personne de venir récupérer les résultats au Centre de dépistage ou auprès de l’association qui a réalisé le dépistage hors les murs. Le risque étant toujours la perte de vue de la personne qui ne viendrait pas récupérer son résultat.  Au Kiosque on part du principe que le test doit permettre de faciliter la prise en charge et l’accès aux soins et ne pas rendre plus difficile les conditions de vie des personnes.

Lamentin: Que pensez-vous d’Ipergay?

Nicolas Derche: Pour le moment, on est certainement comme vous, on attend des précisions et des informations sur l’essai Ipergay.

Nous avons effectivement quelques craintes par rapport à cet essai, même si nous sommes persuadés qu’il faut pouvoir proposer d’autres moyens et outils de prévention.  En ce qui concerne Ipergay il y a une réunion publique le mercredi 11 mai au Centre LGBT de Paris I à partir de 20 heures, ouverte à tous, qui permettra à chacun de poser ses questions et de lever des inquiétudes.

Adrien: On entend tout et son contraire sur les risques de transmission liés à la pratique de la fellation, qu’en est-il réellement?

Mylène Pradelle: Le risque de la fellation est souvent controversé. Il n’y a pas de risque zéro avec la fellation même s’il est mineur par rapport aux pénétrations non protégés. Il y a des règles pour éviter au maximum les risques: ne pas se brosser les dents deux heures avant et deux heures après, éviter l’éjaculation et être vigilant pendant les trois semaines qui suivent des soins dentaires importants.

Nicolas Derche: On peut ajouter que si le risque est moins important que pour une pénétration anale non protégée, le risque est plus important si la personne qui est sucée est en primo infection, période où la charge virale du virus est la plus élevée, dans le sang et dans le sperme.

La personne qui se fait sucer ne prend pas de risque au niveau du VIH mais prend un risque certain au niveau des IST telles que la syphilis et la gonococcie qui sont en recrudescence.

Yagg: Le chat est terminé. Le mot de la fin à nos invités.

Nicolas Derche: Si vous souhaitez plus d’informations sur le Checkpoint, n’hésitez pas à consulter le site du Kiosque ou nous contacter au 01 44 78 00 00. Nicolas Derche: Pour tous ceux qui n’ont pas de questions, ils sont les bienvenus au Chekpoint.

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