L’événement de ce dimanche 1er mai, ce n’était pas le premier défilé jeannedarquien de Marine Le Pen, ni les cortèges clairsemés des syndicats. Hier, 1er mai 2011, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a disparu, fondue dans l’entité vague du Défenseur des droits (DDD), qui a aussi englouti le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

Pour SOS homophobie, la suppression de la Halde est « plus qu’une erreur », « une décision politique dommageable pour les citoyens et citoyennes français-es qui, toutes et tous, peuvent à un moment de leur vie être l’objet d’une discrimination, que ce soit à cause de leur âge, leur sexe, leur origine, leur orientation sexuelle, leur religion ou encore leur adresse ».

L’association rappelle dans un communiqué que cette « vigie de la vie politique et publique », créée en 2005, « a vu le nombre de ses saisines passer de 1500 la première année à plus de 12500 en 2010 ». « Le nombre de demandes d’avis du Parquet auprès de l’institution a doublé l’année dernière, souligne-t-elle. Et ce sont quelque 2000 délibérations qui ont été rendues depuis sa création. Avec, notamment, pour les gays et lesbiennes, plusieurs décisions phares concernant les pensions de réversion pour les couples pacsés, le congé de paternité pour les couples d’hommes, la reconnaissance d’une discrimination d’un préfet qui refusait de convier officiellement à une cérémonie de commémoration de la déportation une association représentant les déportés homosexuels, ou le droit d’adoption d’une femme lesbienne. »

« Le gouvernement a été jusqu’au bout de ce qui restera comme un geste politique décisif du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui aura fait de la lutte contre les discriminations non pas un objectif mais un obstacle à l’exercice de son pouvoir », déplore SOS homophobie.

Éric Molinié, le dernier président de la Halde, ne cache pas que le nouveau poste lui plairait bien. D’autres noms circulent, dont ceux de Jack Lang, de Françoise de Panafieu, de Claude Malhuret, maire UMP de Vichy, ex-directeur de Médecins sans frontières et ex-secrétaire d’État aux Droits de l’Homme (1986-1988) ou encore de Dominique Baudis.

Cet article vous a plu? Soutenez notre travail en cliquant ici.