Un groupe de 66 adolescents malaisiens de l’État de Terengganu, jugés « efféminés » par leurs professeurs, a été envoyé dans un camp dont le but était de les « hétérosexualiser » par des pratiques sportives et des enseignements religieux. Le directeur du département de l’Éducation Razali Daud a déclaré qu’il savait que certains finiraient travestis ou homosexuels, mais que l’État faisait de son mieux pour en limiter leur nombre.

VINGT ANS DE PRISON
Pang Khee, militant pour l’égalité des droits, précise que ce n’est pas le premier camp de ce type en Malaisie, et que certains proposent aux étudiants des universités de devenir « plus masculins ». « C’est fou que l’État lui-même prenne part à ce harcèlement et impose à un groupe déjà vulnérable un plus haut niveau d’humiliation et de torture. » Il rappelle d’ailleurs que d’après la loi malaise, toute personne jugée « coupable » de sodomie peut être punie de 20 ans de prison, selon les textes.

Cette loi s’est néanmoins rarement appliquée, « moins d’une dizaine de fois », selon le militant, qui nuance: « Je considère le gouvernement comme homophobe, mais je ne considère pas les Malaisiens en général d’être plus homophobes que dans n’importe quel autre pays. Il y a pléthore d’homophobes, mais autant d’acceptation ».

SOUTIEN DE LA MINISTRE DE LA FAMILLE
La ministre de la Famille, Shahrizat Abdul Jalil, s’est dit alarmée par cette affaire et estime que ce genre de camp peut être très traumatisant pour des adolescents et pourrait avoir d’énormes répercussions psychologiques. Elle a déclaré que le camp était illégal et devait être fermé.

Via ABC Australia

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