Le tract de la section locale de la CGT pénitentiaire de Caen que dévoilait Yagg le 16 avril (lire Homophobie en prison: l’appel au secours d’un détenu du centre pénitentiaire de Caen) est à la source de nouvelles controverses. Le collectif Trans-Europe, pour la défense des droits LGBT et notamment des personnes transsexuelles et transgenres, a publié hier matin un communiqué de presse annonçant qu’une plainte avait été déposée contre l’auteur du tract.

L’auteur du tract aurait envoyé une lettre d’excuses à la directrice du centre pénitentiaire de Caen, et la CGT pénitentiaire a diffusé un communiqué de presse présentant ses excuses. Cependant il ne mentionne aucune mesure envers le responsable dudit tract. Cette absence de réaction est à l’origine de la plainte déposée par Maître Etienne Noël, l’avocat de Chloë, la détenue trans’ visée par le tract.

Trans-Europe se bat depuis déjà un an pour Chloë. N’ayant pas encore subi son opération, Chloë s’est retrouvée dans un centre de détention exclusivement masculin. L’Unité de consultation et de sons ambulatoires (UCSA) et le Service médico-psychologique régional (SMPR) de l’établissement n’auraient accordé aucune attention à sa demande de transformation hormono-chirurgicale, selon la plainte, ce qui a conduit Chloë à tenter elle-même une ablation de ses organes. Le tract à caractère transphobe du comité local de CGT pénitentiaire, « qui, d’une part, dénigre son transsexualisme et, d’autre part, l’assimile à un animal », et l’absence de mesures du syndicat envers son auteur ont encore envenimé la situation.

« DROIT AU RESPECT »
« C’est un syndicat qui pèse lourd, et qui se veut plutôt libéral », précise Brigitte Goldberg, présidente du collectif Trans-Europe, qui « regrette vivement que ce syndicat, en refusant de prendre la moindre mesure disciplinaire envers l’auteur de ces propos infamant le cautionne de fait et jette le discrédit sur l’ensemble de cette profession ». « Nous sommes très déçus de leur frilosité, ajoute-t-elle. Nous aurions préféré être médiatisés sur le sujet médical. Nous ne désirons pas de guerre, car on va encore jeter l’opprobre sur l’administration pénitentiaire et ce n’est pas ce que nous voulons. L’absence de réaction, le refus de prendre une sanction avalise juste un état de fait: le droit au respect, à être traité avec la correction nécessaire en prison, n’est pas acquis pour les personnes trans’. »

Etienne Noël, avocat spécialisé dans le droit pénal et plus particulièrement dans le droit pénitentiaire, travaille de paire avec le collectif, et souligne: « Avec Chloë il s’agit d’un summum. Mais c’est symptomatique de la manière dont l’administration considère les personnes détenues. Les discours sont souvent méprisants envers les personnes incarcérées, alors ce traitement envers une personne trans’ ne m’a même pas surpris. »

 

Voir la mise à jour du 21/04/11, avec la réponse du collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT pénitentiaire.

 

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