Didier Dubois-Laumé, le fondateur du Café Lunettes Rouges (CLR) qui s’était vu refusé l’utilisation des locaux du Centre LGBT Paris-IdF suite à l’agression de Christine Le Doaré, sa présidente, par une habituée du CLR (lire « Le Centre LGBT Paris IdF donne congé au Café Lunettes Rouges« ), a publié, hier, une lettre ouverte de proposition de partenariat.

« DES OBJECTIFS COMMUNS »
Dans sa lettre ouverte, Didier Dubois-Laumé écrit: « Nous ne pouvons, en aucune façon, cautionner l’acte de violence envers la présidente du Centre. (…) Le Café Lunettes Rouges, basant son projet sur le lien social, nous évitons l’exclusion définitive de toutes personnes au comportement pouvant mettre en échec la rencontre et l’échange ».

S’il ne fournit pas d’excuses, il rappelle néanmoins que le CLR et le Centre partagent des objectifs communs: « Lutter contre les discriminations, favoriser l’insertion des personnes en situation d’exclusion sociale, aider à l’acceptation de soi ». Le partenariat qu’il propose suggère des rendez-vous dominicaux bimensuels, ainsi qu’une présence au Centre les jours fériés, pour compléter les actions du Centre LGBT et des autres associations de prévention santé quand celles-ci ne sont pas ouvertes.

« Le conseil d’administration du Centre va se réunir en séance exceptionnelle, nous en discuterons ensemble, déclare à Yagg Christine Le Doaré. C’est une décision difficile à prendre, nous avions discuté de son exclusion pendant une semaine, mais nous en avions conclu, comme nous le disions dans notre lettre ouverte, que le Centre n’était pas capable de gérer la précarité et les comportements de certains malades. »

« UN CONSTAT DÉPLORABLE »
L’absence de structure de prise en charge pour des personnes malades et isolées est donc un problème qui se pose réellement. « Si Didier Dubois-Laumé revient vers nous, c’est qu’aucune autre structure n’a voulu lui prêter un hébergement. Pourquoi aucune autre association n’est-elle capable d’accueillir le CLR?, s’interroge la présidente du Centre. Il faut que la Ville, l’État, quelqu’un, mette sur pied une structure de prise en charge globale pour des personnes malades en situation précaire. Et si nous voulons bien assurer des permanences santé, prévention, aide à l’emploi, certains cas nécessitent plus qu’un accueil bénévole. »

La décision est donc entre les mains du conseil d’administration du Centre, et si sa porte-parole estime « injuste pour les habitués du CLR de payer pour des cas isolés », le refus de Didier Dubois-Laumé d’exclure quiconque de son café pourrait jouer en sa défaveur. « Certains bénévoles, salariés et amis sont eux-mêmes séropositifs, mais on ne pouvait tolérer l’attitude de certains habitués du CLR au Centre en semaine. Cela les découragait. Heureusement que c’est moi qui ai été agressée. Si c’était arrivé à un volontaire, j’en aurais été malade ».

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