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Société | 16.04.2011 - 09 h 15 | 0 COMMENTAIRES
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Homophobie en prison: L’appel au secours d’un détenu du centre pénitentiaire de Caen

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Un couple de détenus du centre pénitentiaire de Caen serait victime d'homophobie de la part de deux des surveillants de la prison. Une enquête est en cours, mais elle semble stagner…

"Je vous demande s'il serait possible de vous rencontrer, car je me suis pacsé avec un codétenu (…) et on n'arrête pas d'être insultés, menacés par deux surveillants jumeaux. Ainsi, mon conjoint a prévenu le parquet, le ministère de la Justice, la Haute Autorité, et déposé plainte à la demande de monsieur l'avocat général, et depuis, rien n'a été fait."

C'est le 20 mars 2011 que l'association Ban public, dont le but est "de favoriser la communication sur les problématiques de l’incarcération et de la détention, et d’aider à la réinsertion des personnes détenues", a reçu cet appel au secours d'un détenu du centre pénitentiaire (CP) de Caen, victime d'homophobie.

Très vite, Benoit David, avocat et responsable du pôle juridique de l'association, a écrit à la direction du centre pénitentiaire de Caen, à la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP), au Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) – vers lequel la Halde avait orienté le couple – ainsi qu'à Noël Mamère, vice-président du groupe d'étude sur les prisons et les conditions de vie carcérale à l'Assemblée nationale, en vue d'une saisine de la Commission nationale de déontologie de la sécurité. À ce jour, seul le CGLPL a fourni une réponse, et a engagé une enquête auprès de la direction de l'établissement.

Un second courrier du détenu a véritablement alarmé Benoit David. À la vue de cette correspondance, il semblerait qu'aucune mesure concrète n'ait été prise pour garantir la sécurité psychologique du couple. "On subit encore des insultes homophobes telles que "pédés", "bande d'enculés" "trainées, j'aurais honte de me pacser avec un homme", écrit le détenu. J'ai voulu en parler au sous-directeur de la détention et il a refusé de me rencontrer ou de rencontrer mon ami qui n'en peut plus. Il a même fait une tentative de suicide."

"L'ENQUÊTE EST EN COURS"
Clément Cavelier, l'avocat du couple, n'est pas très optimiste: " Une enquête a été lancée mais ça n'ira pas loin. Le directeur du centre et les deux surveillants en cause ont été entendus par la police. L'absence de témoignages et de preuves va sans doute conduire à classer le dossier. J'ai discuté avec le directeur du centre, nous verrons ce qu'il adviendra, mais s'il y a toujours des insultes, ce n'est pas acceptable".

"L'enquête est en cours, confirme Anne-Sophie Cortinovis, de la Direction interregionale des services pénitentiaires. S'il s'avère qu'il n'y a pas de preuves contre les agents, on ne pourra rien faire. Le fait d'avoir porté plainte peut néanmoins être un élément de vigilance pour la suite, et il y a eu des rappels à l'ordre auprès des membres du personnel."

DES ANTÉCÉDENTS
Le Centre pénitentiaire de Caen, qui ne souhaite pas s'exprimer directement sur le sujet avant la fin de l'enquête, a cependant un passif homophobe récent. En effet, un tract du 9 décembre 2010 des syndicalistes de la CGT pénitentiaire du centre – pour une meilleure gestion des autorisations d'accès à la prison – semble confirmer la tendance homophobe et transphobe de certains membres du personnel (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Il mentionne "un détenu interviewé, un autre détenu dont on ne sait pas si il est mâle ou femelle et qui nous enquiquine (pour ne pas dire autre chose) et accessoirement, nous fait passer pour des cons en extraction…". La CGT pénitentiaire a néanmoins présenté des excuses pour ce texte très éloigné de ses revendications anti-discriminatoires, et rappelle qu'il s'agit d'un tract local édité sans accord préalable de la part des instances supérieures. Le comité local s'est donc vu rappeler que les propos homophobes et transphobes ne pouvaient être tolérés sous l'égide de la CGT pénitentiaire.

Même si des mesures sont prises au sortir de l'enquête, Milko Paris, président de Ban public, souligne néanmoins que "cela ne peut en aucun cas résoudre le problème de fond, c'est-à-dire un débat sur la sexualité et l'amour en prison".

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[Mise à jour 21/04/11] La rédaction a reçu un courrier de "Francis/Florence Magerand" s'exprimant "à titre personnel et au nom du Collectif confédéral CGT de lutte contre l'homophobie pour l'égalité et la non-discrimination des lesbiennes, gays, bi, et trans'":

"La vocation de mon courrier n'est pas de nier les difficultés de vie quotidienne de Chloë et de son compagnon en détention, l'univers carcéral n'est pas connu pour être de ceux où s'affirmer en tant que personne homosexuelle et transsexuelle est source de bienveillance à son égard… Chacun peut en mesurer les dangers qui sont évidents et immenses à tous points de vue, une condamnation à une peine de prison ne doit pas se transformer en peine de mort!

Mon propos concerne l'organisation syndicale dont je suis adhérente et militante, la CGT, qui est mise en cause et présentée comme transophobe. Hors il se trouve que je suis l'un des membres du Collectif confédéral CGT de lutte contre l'homophobie pour l’égalité et la non-discrimination des lesbiennes, gays, bi et trans' (LGBT).

C'est à ce titre que je vous adresse ce droit de réponse que je vous serai reconnaissante de bien vouloir publier, car si une faute a bien été commise par le camarade qui a rédigé ce tract, l'intention première n'était pas la transphobie qui est effective dans le passage qui concerne la personne détenue citée, c'est l'ensemble des difficultés de travail des personnels qui étaient dénoncées, ce document doit être remis dans son contexte et pris en lecture dans sa globalité.

Les sujets liés à la transidentité sont source d'incompréhensions et de réactions qui sont de la transphobie primaire, mais comme j'ai eu l'occasion de le dire personnellement de vive voix au téléphone à la Présidente de l'association Trans-Europe, si l'on doit traduire en justice et mettre au supplice en place publique toutes les personnes qui ne mesurent pas les blessures qu'elles causent et le manque de discernement de leur comportement envers autrui au seul motif qu'il ne leur est pas semblable, les places publiques du monde entier n'y suffiront pas! La lecture des lignes en question dans ce tract ont immédiatement provoqué mes plus vives réactions et ma colère, je l'ai transmis sans délai aux responsables de notre Collectif, leur réaction a été semblable et dans la continuité de cette chaîne le document a été porté à la connaissance de la Secrétaire générale de la CGT Pénitentiaire. Sa condamnation a été des plus vives et le communiqué qui présentait les excuses de la Fédération a été rédigé sur l'instant, les responsables régionaux de la CGT Pénitentiaire ont été saisis et la section du centre pénitencier de Caen rappelée aux valeurs humanistes qui sont celles de notre organisation syndicale et qui sont à l'opposé totale de telles attitudes.

Comme vous l'indiquez, le camarade à l'origine de ces lignes à lui-même présenté ses excuses par écrit à Chloë dans une lettre adressée à la direction de l'établissement. Je peux comprendre que pour Chloë en premier lieu et pour l'association Trans-Europe tout ceci soit insuffisant et il est de leur droit le plus absolu d'entamer une action en justice contre celui qui a rédigé les lignes en question et à travers lui contre la CGT au nom de qui il s'exprimait individuellement en faisant part de ses conditions de travail compliquées dans ce tract, dans le seul objectif de mettre en face de ses responsabilités la direction du centre de Caen.

La situation des personnes transidentitaires qui sont incarcérées et placées sous la surveillance et l'autorité de l'administration pénitentiaire est un dossier qui demanderait un travail important et sérieux de la part de tous, que ce soit pour la formation et la sensibilisation des personnels, pour le suivi médical et pour assurer la sécurité de celles et ceux qui sont gravement menacé-e-s, victimes de brimades et de violences multiples dans les prisons!

Sur ce point, je dois vous informer que lors des deux entretiens téléphoniques que j'ai eu avec Brigitte Goldberg, présidente de Trans-Europe, à qui j'ai directement adressé par courriel les excuses de l'Union de la CGT Pénitentiaire, je lui ai proposé de rencontrer les camarades de l'UGSP-CGT qui travaillent dans ce secteur pour aborder ces questions ensemble et élaborer des actions qui permettent une prise de conscience éclairée de ce qu'est la transidentité pour ceux qui la vivent.

La CGT n'est pas une organisation syndicale qui ignore tout de la transidentité et des personnes transidentitaires, en son sein elles sont présentes et représentées. Ce sont des adhérents et des militants parmi et comme les autres, je peux vous le dire et en témoigner.

Si je m'exprime à titre personnel d'abord et au nom du Collectif ensuite, auprès de vous pour réagir sur ces articles publiés sur Yagg, c'est que je suis moi-même une personne transgenre, je ne minimise certainement pas l'impact des écrits et je partage la blessure infligée à Chloë et à toutes mes consœurs, je lui présente toutes mes excuses de militante CGT transidentitaire que je joins à celles de mon organisation syndicale.

Pour autant, ma politique n'est pas de demander la "tête" de tous ceux qui me blessent par ignorance, comme c'est involontairement le cas de mon camarade de Caen, je préfère la pédagogie et l'éducation par l'exemple à la sanction "disciplinaire" tout aussi brutale et maladroite que les lignes de ce tract que je prends comme m'étant adressé également au même titre qu'à Chloë".

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