Vaughn WalkerVaughn Walker, le juge qui avait estimé que la proposition 8 était anti-constitutionnelle, a confirmé qu’il était gay dans un entretien avec plusieurs journalistes. Parmi eux, ceux de Reuters et du San Francisco Chronicle, qui avait été le premier à révéler l’homosexualité du juge, en février 2010.

UN JUGE IMPARTIAL
Vaughn Walker, qui avait quitté ses fonctions de juge à la fin du mois de février 2011, réaffirme que sa sexualité n’a pas joué dans sa décision, et qu’il ne l’a jamais considérée comme une raison de se retirer de l’affaire. « Il serait inapproprié pour un-e juge de ne pas prendre une affaire en raison de sa propre orientation sexuelle, son origine ethnique ou de son genre, » livre-t-il aux journalistes, considérant qu’un juge doit pouvoir prendre le recul nécessaire au nom de la justice. Les promoteurs de Prop 8 au procès n’ont d’ailleurs jamais utilisé cet argument pour demander au juge de se récuser, contrairement, par exemple, à Maggie Gallagher, présidente de la National Organization of Marriage (NOM), qui l’avait accusé de « substituer sa propre opinion à celle des américains ».

UNE IRONIE AMUSANTE
Vaughn Walker n’avait jamais vraiment parlé de son orientation sexuelle dans la presse, et il ponctue son entretien d’une ironie anecdotique sur ses relations avec la communauté gay de San Francisco: dans les années 1980, alors qu’il était avocat, il représentait le Comité olympique des États-Unis dans l’affaire qui les opposaient à Tom Wadell, qui souhaitait appeler ses premiers jeux internationaux les « Gay Olympics ». La victoire du Comité olympique amena Tom Wadell à choisir le nom de Gay Games, et seul son verdict sur la Prop 8 fit recouvrer au juge la sympathie et l’admiration des populations LGBT. Verdict qui, par une coïncidence amusante, a été rendu pendant les Gay Games de Cologne, à l’été 2010. « J’étais l’ogre de la communauté gay quand j’ai été nommé juge, et un héros quand je suis parti, » s’amuse aujourd’hui Vaughn Walker.

PROP 8: UN REGRET
Concernant la proposition 8, il exprime peu de regrets et s’estime « content que le procès ait eu lieu. Je pense que c’était le moyen d’exprimer ces problèmes et de les mettre sur la table. ». Il déplore cependant l’absence de couverture télévisuelle, pour laquelle il s’était pourtant battu, rappelant que « les audiences sont censées être publiques aux États-Unis ». Selon lui, le refus de la Cour suprême de médiatiser l’intégralité du procès est une position « très dure à comprendre », puisque la médiatisation aurait permis une mise en valeur du système judiciaire national.

Vaughn Walker retourne à son métier d’avocat et prend la tête d’un cabinet de San Francisco spécialisé dans la médiation et l’arbitrage.

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