C’est une affaire plutôt édifiante que révèle Les Inrocks.com. L’histoire se passe à Fontaine, une ville d’environ 22000 habitants de l’agglomération grenobloise, dans l’Isère. Dans une tribune que le maire communiste, Yannick Boulard, a refusé de publier dans le journal de la ville, la conseillère municipale Évelyne De Caro, qui préside le groupe d’opposition UMP, fustige la politique de la municipalité en ces termes:

LES « NORMAUX »
« Notre groupe a l’impression que lecture après lecture des Rive Gauche [le journal municipal] et ce depuis votre nouvelle élection, pour être considérés sur la commune, nous devons être des sans-papiers, d’origine étrangère, homosexuels, pacsés, aimer l’art moderne uniquement, avoir la carte du parti ou comme certains de vos élus avoir été à droite pendant des années et devenir socialiste depuis 3 ans, etc, etc. Nous aimerions que vous interveniez un fois de plus en Conseil municipal, pour nous indiquer ce que vous proposez, lorsqu’on est pas forcement de gauche, français ou d’origine européenne, en situation complètement régulière, hétérosexuel, aimant l’art dans toute sa splendeur, marié, divorcé ou veuf, en d’autres termes, nous aurions dit « normaux », mais depuis toutes vos publications, nous ne savons plus ce qui est normal ou pas!!! ».

« LES VRAIS SUJETS »
Quand Yannick Boulard explique à l’élue de droite qu’il ne pourra pas publier ce texte sans risquer une condamnation pour « incitation par support écrit à l’homophobie et à la haine raciale », celle-ci lui rétorque qu’il ne contient aucune « contre-vérités » et enfonce même le clou auprès du journaliste des Inrocks.com en criant à la « censure », au « politiquement correct », elle, la « Fontainoise de souche ». Ses précisions valent le détour. L’utilisation du mot « normal »? « J’ai voulu dire « ordinaire », explique Évelyne De Caro, c’est-à-dire comme tout le monde, dans la masse… […] Je ne suis pas homophobe, c’est eux [la majorité] qui les stigmatise en dépensant énormément d’argent pour les campagnes anti-homophobie. Alors qu’ils ne font rien pour les vrais sujets, comme ce groupe de jeunes qui s’est approprié la place Louis-Maisonnat ».

Le maire a décidé de porter l’affaire au grand jour lors d’un conseil municipal houleux le 28 mars dernier, relate Les Inrocks.com. Indignation des élus de gauche. Solidarité des élus UMP. Ambiance.

Vous vous posiez des questions sur les conséquences de la droitisation sévère de l’UMP ces derniers temps? CQFD.

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