Caster Semenya se démultiplie, Blake Skjellerup cherche des solutions, Berlin accueille des gym queens…

Multiplication. Caster Semenya, qui dispute ce week-end les championnats d’athlétisme d’Afrique du Sud à Durban, a annoncé qu’elle défendrait son titre mondial sur le 800 mètres aux championnats du monde 2011 de Daegu en Corée du Sud (27 août-4 septembre) et qu’elle s’alignerait également sur le 1500 mètres. Multiplication des courses qu’elle souhaite réitérer aux Jeux olympiques de 2012.

Le nom vous dit quelque chose? Caster Semenya avait été au centre d’une polémique en 2009 lors de son titre mondial. Suspectée d’être un homme puis d’être hermaphrodite, elle avait été interdite de courir en 2009 mais, après une enquête de la fédération internationale, avait été réintégrée dans l’athlétisme mondial en juillet 2010.

Mardi 5 avril, le Comité international olympique (CIO) a annoncé qu’il allait établir des règles sur l’éligibilité des femmes vivant avec un hyperandrogénisme. Elles entreront en vigueur dès les Jeux olympiques de Londres en 2012. La question taraude le monde du sport depuis « l’affaire Semenya ». «Vous devez penser à des choses positives, vous projeter vers l’avenir, expliquait la jeune femme aujourd’hui âgée de 20 ans dans un entretien à la BBC, en janvier. C’est comme cela que je vis. Il ne faut pas penser au passé, cela vous détruira.»

Combinaison. Violence de l’effort, douceur du mouvement: la gymnastique est une combinaison d’esthétique et de performance. Beaucoup de muscles pour s’enrouler autour d’une barre, s’envoyer en l’air en salto, en saut carpé. Et dans l’air, au sol, imaginer une courbe, l’inventer la plus aérienne possible, comme un calcul contre ou avec la loi de l’apesanteur.

La gymnastique englobe tous les clichés du Sport: grâce, performance, musculature sculptée… Cliché gay aussi.

Un sport presque intemporel. Garçons dans leurs petits shorts pour l’exercice au sol, le pantalon blanc ou bleu pour la ligne des anneaux; filles plus colorées dans leur justaucorps.

À suivre lors des championnats d’Europe qui se disputent jusqu’à dimanche à Berlin, le redoutable exercice des anneaux qui consiste à effectuer des figures sur un agrès mouvant – deux anneaux tenus par des sangles – parmi lesquelles la fameuse « croix de fer », les bras tendus à l’horizontale. Danny Pinheiro-Rodrigues et Pierre-Yves Beny s’y débrouillent plus que bien qui seront en lice cet après-midi.

Pour le saut de cheval, Thomas Bouhail, champion du monde de la discipline en 2010, excelle toujours et vise le podium demain.
Sur Eurosport.

Arithmétique. Et quatre qui font deux. Si l’équipe de France panse ses plaies, le rugby national ne se porte pas mal du tout. Sur les huit quarts de finaliste de la Coupe d’Europe qui se dispute ce week-end, Toulouse, Biarritz, Perpignan et Toulon. Comme le premier rencontre le deuxième et le troisième le quatrième, il y aura pour sûr deux demi-finalistes cocorico dans la compétition… Et quatre qui font deux mais peut-être zéro puisqu’il y a toujours l’éventualité qu’aucun des deux ne se qualifie pour la finale. Parmi les paramètres de ces quarts de finale, un petit événement: Perpignan le catalan joue ce samedi à Barcelone.

On pourrait imaginer un problème (qui n’en est pas un): mettez 30 types dans un stade, qui font avancer un ballon en le lançant vers l’arrière, dont 15 dans un stade qui n’est pas le leur mais qui jouent quand même à domicile. Du rugby saute-frontières.
Perpignan-Toulon, samedi à 16h30, sur France 2 et Canal+.
Biarritz-Toulouse, dimanche à 17h30, sur France 2.

Ensembles. Plus de 40000 personnes vont traverser Paris demain pour le Marathon. 42,195 km des Champs-Elysées à l’avenue Foch en passant par la Bastille, le Bois de Vincennes ou la Tour Eiffel. Le Marathon est une compétition qui rassemble les meilleur-e-s de la distance. Demain, notamment, un match attendu entre les Kenyan-e-s et les Ethopien-ne-s, chez les hommes comme chez les femmes. Le Marathon de Paris est aussi bien sûr une grande fête populaire, haute en couleur et très sympathique à regarder. Et plus de 40000 exploits personnels.
Dimanche, à partir de 8h45 sur Eurosport et France 3.

Géométrie. Diagonales, coups droits parallèles aux lignes, trajectoires coupées à la volée. Après la campagne américaine, l’exercice de géométrie du tennis se poursuit sur la terre battue.

Les grands font escale au Tournoi de Monte-Carlo. Pour eux, l’équation est simple: retrouver les sensations – comme disent les sportifs – sur cette surface poudrée, et pour les plus forts d’entre eux aussi rouler – déjà – des mécaniques à la presque veille des Internationaux de France de Roland Garros.

Parmi les cadors, Rafael Nadal, bien sûr. Le joueur absolu sur terre battue. Cinq fois vainqueur de Roland Garros, tenant du titre à Paris. L’Espagnol, numéro un mondial, vient à Monte-Carlo défendre un trophée qu’il détient depuis… 2005. Devant lui, Roger Federer au tennis un brin perdu, l’homme au 14 victoires en grand chelem toujours en embuscade. Retour aux classiques: Novak Djokovic, nouveau numéro 2 mondial, invaincu depuis le début de la saison et qui vient de battre Rafa en finale d’Indian Wells et de Miami, a déclaré forfait. Souvenez-vous de ce que je vous disais la semaine dernière

Les Français? La chronique « tricolore » commence à six semaines de « Roland ». Le pays cherche toujours un successeur à Yannick Noah, vainqueur à Paris en 1983. On verra.
À partir de lundi sur Canal+ Sport.

Solution. Il est l’un des – de moins en moins – rares à avoir fait son coming-out. Comme ses confrères récemment sortis du placard, Blake Skjellerup s’engage pour les droits des homos. Le patineur de vitesse néo-zélandais prête son image au Pink Shirt Day, contre le harcèlement dans les écoles, et invite à écrire au Premier ministre pour exiger que des mesures soient prises sans attendre.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Pink Shirt Day 2011 with New Zealand Olympian Blake Skjellerup

Le Pink Shirt Day 2011 aura lieu ce mercredi 14 avril. Sortez vos t-shirts roses!

Harmonie. Tout est dans l’art du dosage, savant mélange de créativité et de réalisme, comme on dit en sport. Car il faut savoir conjuguer avec les paramètres des degrés, du fruité, du froid, du salé, de l’olive jetée en saut périlleux. Quel est ce sport étrange? Une science, plutôt. L’Italie a été sacrée championne du monde des cocktails le 21 mars dernier, et Out.com vient de publier les photos des participants. Cliquez sur la photo ci-dessous pour voir le portfolio.

Raisonnement logique: en sport, il y a de fortes probabilités qu’un match, une rencontre se terminent autour d’un verre. Structure communément appelée en sport troisième mi-temps. Bon week-end.

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