La séance a été houleuse mercredi 6 avril au Sénat. Une semaine jour pour jour après sa déclaration sur l’homosexualité comme « facteur de risque du VIH » (Lire Exclusif: pour Nora Berra, « l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH »), Nora Berra, qui a depuis rectifié le tir en parlant de comportements à risque, s’est retrouvée à nouveau interpellée par les sénateurs socialistes, mais aussi certains UMP, sur la question du don d’organes et de sang (lire page suivante l’intégralité des débats sur la question).

L’UMP RÉCLAME UN GESTE
La discussion a porté sur un amendement du PS et des Verts visant à permettre aux personnes homosexuelles de donner leur sang alors que cela leur est interdit depuis une circulaire de 1983, quelques voix de l’UMP réclamant en vain « un geste » en ce sens.
Le Sénat a finalement adopté un sous-amendement indiquant que « nul ne peut être exclu du don en dehors de toute contre-indication médicale ». Mais à la question du sénateur Guy Michel (Groupe communiste): « la contre-indication permanente concerne bien, dans l’arrêté, un homme ayant eu une relation sexuelle avec un homme. C’est cela ? » La secrétaire d’État à la santé a répondu:  « Oui. Pour le don du sang. », confirmant l’exclusion des homosexuels.

ROBERT BADINTER INDIGNÉ
L’ancien garde des Sceaux Robert Badinter (PS) avait auparavant pris la parole pour critiquer « cette pratique d’exclusion ». « On dit qu’ils sont indignes de participer à un acte de solidarité humaine », a-t-il expliqué, évoquant une « flétrissure ».

Nora Berra a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’exclusion mais de contre-indication permanente. Elle a cependant proposé aux sénateurs de « retravailler l’arrêté à la lumière de [leurs] réflexions et des données épidémiologiques récentes. »