Révélés par Yagg dimanche 3 avril, les propos de Nora Berra (« L’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH ») tenus au Sénat quelques jours plus tôt lors d’un débat sur la bioéthique ont provoqué une vague d’indignation, notamment chez les associations LGBT et de lutte contre le sida.

La secrétaire d’État à la Santé affirmait dès hier soir vouloir dissiper « ce qui s’apparente manifestement à une incompréhension », sans jamais cependant reconnaître une seule fois son erreur ou présenter des excuses, mais plutôt en pointant du doigt ceux qu’elle désigne comme « les professionnels de la polémique » qui portent « l’anathème à des fins partisanes ».

« STIGMATISATION »
Après les réactions scandalisées de Jean-Luc Romero et de Pierre Bergé dimanche, Act Up-Paris a publié ce lundi pas moins de deux communiqués (ici et ici) dans lesquels l’association juge « inadmissible [que Nora Berra] entretienne jusqu’au Sénat la stigmatisation des homos, alors qu’il est depuis longtemps établi que ce sont ces discours de haine qui favorisent les pratiques à risque » et, face aux explications de la secrétaire d’État, ironise: « Donc, quand Nora Berra dit « l’homosexualité », nous devons comprendre « pratiques à risques » ». « Puisque la secrétaire d’État à la Santé est incapable de prendre la mesure des mots qu’elle prononce et des protestations légitimes qu’elle suscite, nous demandons l’intervention de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy », conclut Act Up-Paris.

De son côté, Alexandre Marcel, délégué aux régions de l’Idaho (Journée mondiale contre l’homophobie), cité par l’AFP, se déclare « surpris qu’encore aujourd’hui il puisse y avoir dans les ministères des gens qui utilisent des clichés stigmatisant de facto les homosexuels. On a une ministre en train de dire « homo = sida », c’est insultant ».

« MÉPRIS »
Homosexualités et Socialisme (HES) parle d’un « dérapage sans excuse » et estime « inacceptable également, le procès d’intention que la secrétaire d’État intente, en guise d’excuses, à celles et ceux qui ont fait part de leur légitime émotion et qui, au quotidien, sont engagés – eux – dans la prévention des COMPORTEMENTS à risque. Au dérapage, Nora Bera ajoute donc le mépris ».

« DÉMISSION »
Quant à Eddie Aït, secrétaire national du PRG, président du groupe PRG-MUP au Conseil régional d’Ile-de-France et vice-président d’Élus Locaux Contre le Sida, il condamne ces propos qu’il juge « inadmissibles » et « mensongers » et demande la démission de la secrétaire d’État.

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