Le chat VIH/Actualités bénéficie du soutien des laboratoires MSD Chibret


Nous recevions le 30 mars dernier Sandrine Fournier, de Sidaction (Lire Sidaction 2011: 3 jours dans les médias pour mobiliser). Elle a répondu en direct aux questions des internautes.

Julien: Quel est le message fort du Sidaction cette année? Comment susciter plus d’intérêt chaque année chez les donateurs? Ne faut-il pas être plus percutant et inventif dans vos messages?

Sandrine Fournier: Bonsoir Julien. Cette année, le Sidaction veut mettre l’accent sur le renforcement de l’offre de dépistage, sur le soutien encore nécessaire malgré les avancées et les progrès notables à la recherche et l’accès aux soins et le renforcement de la couverture médicale dans les pays en développement. Sur votre deuxième question, grâce à nos partenaires médias nous développons une information de qualité pour un sujet qui reste très complexe. Sur la troisième question, la nécessité de toucher un large public induit souvent une forme de communication assez consensuelle. On peut le regretter mais la vocation de Sidaction est bien de collecter pour redistribuer des fonds.

Gilbert: Pensez-vous que plus d’artistes devraient se mobiliser?

Sandrine Fournier: Bonsoir Gilbert Oui bien sûr, c’est évident mais Sidaction mobilise déjà des artistes de générations différentes sur des registres variés, qui vont de la variété lors du prime télé aux DJ electro pour la soirée FG Sidaction prévue au Queen le 7 avril. Ou encore les DJ de la soirée L’Étrange Printemps qui a lieu aussi pendant l’opération Sidaction.

Denis: Pensez-vous que les gays séronégatifs sont suffisamment intéressés par la question du VIH?

Sandrine Fournier: Bonsoir Denis. On peut se réjouir du fait qu’aujourd’hui, la question du VIH ne soit pas au cœur des préoccupations comme c’était le cas il y a 20 ans. Ceci étant dit, on observe depuis dix ans un relâchement des pratiques de prévention et l’enjeu aujourd’hui est pour une part d’intéresser ceux qui ne veulent pas en entendre parler. Mais il faut savoir renouveler les modes d’information et de communication. La prévention seule n’est plus suffisamment attractive. Il faut l’insérer aujourd’hui dans la question la plus générale du soin de soi. Mais on ne doit pas oublier que les gays séronégatifs dont on attend qu’ils soient exemplaires, se sentent toujours plus concernés que les hétérosexuels séronégatifs. On peut toutefois déplorer la raréfaction des campagnes « grand public », en particulier en direction des jeunes qui se sentent peu concernés par une épidémie qu’ils croient d’une autre génération.

Jojo: Les subventions aux assoces sida ont fortement baissé. On a l’impression qu’il y a un vrai désengagement de l’Etat dans la lutte contre le sida. Que faire?

Sandrine Fournier: Bonsoir Jojo. C’est un constat qui malheureusement n’est pas nouveau. Qui s’aggravera sans doute davantage avec une mise en concurrence des différentes pathologies au sein des Agences régionales de santé. Les associations se mobilisent et communiquent collectivement pour dénoncer ces baisses. Le plaidoyer et la pression auprès des instances politiques nationales et internationales font partie de nos missions mais dans ce contexte, le don privé est d’autant plus d’actualité. Même si nos principes de financement ne sont pas de pallier le désengagement des pouvoirs publics. Le financement de projets innovants dans ce contexte ne peut être soutenu que par une structure comme Sidaction puisque c’est par définition, ces projets n’ayant pas encore fait leurs preuves, ils ont peu de chance d’être soutenus par les pouvoirs publics.

oulipo: est-ce que Sidaction touche des subventions de l’état et si oui êtes vous touché par la baisse des subventions par Xavier Bertrand?

Sandrine Fournier: Sidaction reçoit de mémoire des subventions de l’Etat à hauteur de 6% de son budget global, subventions de l’Etat et plus généralement subventions publiques. Ces subventions sont viennent en appui de missions spécifiques comme la mission prévention et soutien aux malades en milieu carcéral ou la mission départements français d’Amérique. Elles peuvent aussi relever de transfert de fonds en direction de pays en développement. Pour l’heure, pour 2011 Sidaction n’a pas encore d’information sur ce type de soutien. Sidaction est aussi soutenue pour la diffusion d’un DVD d’information et de prévention destiné aux jeunes scolarisés avec un soutien du ministère de l’Éducation nationale. Ces subventions ne sont pas structurelles mais marginales. Nous n’en sommes pas moins concernés lorsque les projets que nous contribuons à soutenir sont eux-mêmes affectés par ces baisses.

Luc: Le traitement comme outil de prévention et notamment la question du traitement pré-exposition ont l’air mal compris par les gays. C’est un peu la confusion avec notamment ceux qui pensent que cela va « légitimer » les pratiques à risques. Qu’en pensez-vous?

Sandrine Fournier: C’est une question complexe sur laquelle nous encourageons le débat au sein de la communauté. Il faut rappeler qu’il s’agit pour l’heure d’essais en cours et non d’outils de prévention accessibles. La crainte des changements de comportements préventifs est légitime et c’est pourquoi ces stratégies doivent encore être expliquées. Pour l’heure, les résultats de différents essais, à l’étranger, ne montrent pas, en cours d’essai, de relâchement des comportements préventifs mais il s’agit bien d’essais et le passage à la vie réelle est difficilement prédictible. Il faut aussi rappeler le caractère partiel de ces outils potentiels et notamment le fait qu’ils ne protègent pas des autres IST.