Maria Sharapova retrouve la lumière, Rafael Nadal enfonce le clou, l’Inde a disputé bien plus qu’un match.

Symbole. L’Inde s’est qualifiée, mercredi, pour la finale de la Coupe du monde de cricket, au cours de laquelle elle disputera le trophée au Sri Lanka. La nouvelle, selon la fameuse loi journalistique de la proximité, n’aurait pas dû faire de bruit en France, où le cricket est un sport plus que confidentiel. Même si la finale devrait être regardée par des centaines de millions de personnes, voire plus.

En demi-finale, l’Inde a battu le Pakistan, son voisin, avec qui les relations sont belliqueuses. À l’occasion de ce match disputé à Mohali, dans l’État indien du Pendjab qui partage sa frontière avec le Pakistan, le premier ministre indien Manmohen Singh avait invité le premier ministre pakistanais Raza Gilani. L’image des deux hommes d’État écoutant leurs hymnes nationaux côte-à-côte est assez forte.

Comme je l’écris souvent, le sport, ce ne sont pas seulement des mecs ou des filles en short qui courent derrière un ballon. De l’économie à l’éducation, la politique passe aussi par là… aidée par le hasard.

Ainsi, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, la Turquie et l’Arménie – brouillées en raison de la non-reconnaissance par la Turquie des massacres d’Arméniens au début du XXe siècle – s’étaient retrouvées dans la même poule qualificative. Le président turc Abdullah Gül avait été invité au match aller à Erevan. Invitation renvoyée quelques mois plus tard, en septembre 2009, quelques jours après des accords fixant un calendrier pour le rétablissement de relations diplomatiques, Serge Sarkissian avait ainsi été le premier président arménien à visiter la Turquie. Il y a les symboles et la réalité: ce calendrier a été gelé en avril 2010.

La finale se jouera ce samedi 2 avril à Bombay.

Maria, le retour. La revoilà. Avec son tennis survolté, cette puissance, cette façon d’exhiber ses tripes sur le court. On aime, on aime pas, on constate juste que Maria Sharapova, 23 ans, est de retour. Elle s’est qualifiée, jeudi, pour la finale du Tournoi de Miami en battant la petite merveille actuelle du tennis mondiale, Andrea Petkovic (3-6 6-0 6-2). En quart contre la Roumaine Alexandra Dulgheru (3-6, 7-6, 7-6), puis en demi-finale, la joueuse russe a livré des combats. Cinq heures et demie de tennis, six sets. Deux rencontres symboliques d’une compétition féminine qui a livré quelques jolis petits moments dans les nocturnes printanières de Key Biscayne.

Où était passée Maria? Ici et là, se dépêtrant sur le circuit après une sale blessure à l’épaule qui l’a tenue éloignée des courts près d’un an entre juillet 2008 et mai 2009, le temps de se faire opérer mais de craindre, aussi, une retraite prématurée pour celle qui avait gagné Wimbledon à seulement 17 ans.

Elle avait gagné la finale de Strasbourg, en mai 2010, son 22e titre, mais difficile d’écrire qu’elle était de retour aux affaires. Comme si cette énergie avait disparu. Maria Sharapova était retombée à la 126e place du classement mondial, elle est certaine, lundi, de retrouver le club des dix meilleures joueuses du monde – elle sera neuvième. On imagine le soulagement et la joie si elle gagne ce tournoi considéré comme le plus important après les quatre grands chelems.

Maria, c’est un peu la revanche de la vieille génération, plutôt en peine par les temps qui courent, avec l’absence qui se prolonge des sœurs Williams et le coup de moins bien de Kim Clijsters balayée en quart de finale à Miami par Victoria Azarenka. Championne de l’Australian Open et de l’US Open juniors en 2005, celle-ci rencontre, ce soir, Maria Sharapova. Welcome back Maria.
Samedi à 18h30, sur Eurosport.

Nadal-Djokovic, une nouvelle affiche. Le classique a tourné court. Rafael Nadal est venu la nuit dernière à bout de Roger Federer en une heure et quart d’un jeu surpuissant (6-3, 6-2). Un fossé semble s’être creusé entre le numéro 1 et le désormais n°3 mondial… Jusqu’à la prochaine fois, le Suisse n’est pas le genre à baisser les bras.

Se profile en finale un duel qui pourrait bien devenir le match des familles: Rafael Nadal contre son dauphin Novak Djokovic, invaincu depuis le début de la saison, 24 victoires, série en cours… À condition que ces deux adeptes du tennis total ne se blessent pas.

Un duel, dans le tennis, c’est un must, comme les rencontres entre Bjorn Borg et John McEnroe, Martina Navratilova et Chris Evert, Steffi Graf et Monica Seles, Pete Sampras et Andre Agassi. Bon week-end.

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