Moment crucial pour la France et l’Angleterre dans le Tournoi des VI Nations, du sport à savourer.

Crunch. Après deux victoires, une au large contre l’Écosse et une difficile contre l’Irlande, une montagne attend l’équipe de France: l’Angleterre. C’est ce qu’on appelle le Crunch, traduisez, «moment crucial». Si la France bat l’Angleterre, c’est un véritable verrou qui saute pour rêver d’un grand chelem.

Les filles, emmenées, notamment, par Élodie Poublan qui a marqué cinq des neuf essais contre l’Écosse, la demie d’ouverture Sandrine Agricole qui avait réussi deux pénalité contre l’Irlande et la capitaine Marie-Alice Yahé, se mesurent dimanche, au Sixways Stadium de Worcester, à la meilleure équipe de l’hémisphère Nord, triple-vice championne du monde et qui a gagné le Tournoi des VI Nations lors des cinq dernières éditions avec grand chelem à la clef en 2010. Même pas peur pour la France, quatrième de la Coupe du monde 2010, trois fois victorieuse du Tournoi en 2002, 2004 et 2005… et deuxième en 2010. Filles ou garçons, l’ovalie est la même. Des meilleur-e-s ennemi-e-s.

Crunch (bis). Marc Lièvremont n’y est pas allé avec le dos de la cuiller morte en affirmant cette semaine en conférence de presse qu’il respectait les Anglais mais qu’il ne les aimait pas. Bon, là, nous sommes entre clichés et histoire. Perfide Albion, Jeanne d’Arc, Margaret Thatcher, Paris 2012 contre Londres 2012 (Paris n’a pas eu les Jeux, Londres si…), le gigot bouilli, le gigot rôti et allez.

Lièvremont a confié que des Irlandais, au soir de leur défaite contre les Bleus il y a 15 jours, les ont enjoints de battre le XV de la rose. Il y a quelque chose de désuet, savoureux, inconcevable, historique (cocher la case correspondante) dans ce front latino-celtique contre les Anglais. À Twickenham, les Français restent sur une sacrée défaite: c’était lors du Tournoi des VI Nations 2009 (34-10). La dernière rencontre. Comme une quintessence de cette opposition: la France avait emporté le Tournoi et le grand chelem avec. Et comme tout cela reste un jeu, Marc Lièvremont a raconté aux journalistes qu’il lisait, en ce moment, une biographie de Winston Churchill mais qu’il l’avait laissée à la maison car il commençait à trouver les Anglais sympathiques.

Qui s’y frotte… Le XV de la rose fait forte impression depuis le début du Tournoi avec une victoire probante sur le Pays de Galles et une fleuve contre l’Italie, l’équipe la plus faible de la compétition. La France, elle, franchement, ne m’a pas convaincue (je ne comprends toujours pas pourquoi les Irlandais n’ont pas tapé la pénalité qui aurait permis l’égalisation de l’Irlande dans les dernières minutes du match).

Sébastien Chabal à la défense. Lui s’est porté en faux. Le grand costaud chevelu de l’équipe de France a joué cinq ans chez les Anglais de Sale et il les aime bien. Il est titulaire cette après-midi et comme ce n’est pas aux dépens d’Imanol, c’est parfait.

Dimitri en grande forme. On en connaît quelques tristes en ce début d’après-midi. Morgan Parra, 22 ans, est sur le banc des remplaçants. Le demi de mêlée, l’un des artisans du Grand Chelem français en 2010, s’est vu préférer Dimitri Yachvili. L’expérience plutôt que la jeunesse. Le Biarrot de 30 ans est dans une forme exceptionnelle avec son club comme en équipe de France. Son entrée, il y a 15 jours contre l’Irlande, a permis d’accélérer le jeu. Régulier au pied comme un balancier d’horloge (il a réussi toutes les pénalités et transformations tentées), Morgan Parra a, en revanche, été plus timide, plus lent dans cette capacité à faire jaillir un ballon d’une mêlée fermée ou ouverte: ce petit éclair, corps tendu à l’horizontale, et une équipe qui se déplie en aile. Magistral et beau. Yachvili, Parra? On plaidera pour un consensus.
Samedi à 18h sur France 2.

Vieux briscards. C’est l’un des plus grands joueurs de l’histoire actuelle du rugby. Ronan O’Gara est titularisé dans le XV irlandais qui va rencontrer l’Écosse à Murrayfield, dimanche. Le demi d’ouverture qui fêtera sa 108e sélection (c’est beaucoup) à 33 ans va retrouver un autre vieux briscard et légende du rugby écossais, Chris Paterson aux 101 sélections, un record. L’arrière, qui avait annoncé sa retraite internationale en 2010, reprend donc du service. Une opposition vintage pour un match de feu. L’Écosse a perdu ses deux premières rencontres, il lui faut maintenant lutter pour éviter la cuiller de bois, trophée symbolique de l’équipe qui termine le Tournoi vierge de victoire.
Dimanche à 16h sur France 2.

Gareth, les têtes couronnées et les pipeules. Il l’a annoncé sur twitter, Gareth Thomas est invité au mariage du prince William et de Kate Middleton, en avril. L’ancien capitaine de l’équipe de Galles devrait croiser, parmi les 1900 invités, Victoria et David Beckham. On vous tiendra au courant. Ok, je sors. Bon week-end.