Le nombre de viols correctifs connus en Afrique du Sud est d’environ 520 par an. Ce chiffre, déjà terrifiant, ne tient pas compte des probables centaines d’autres viols correctifs passés sous silence.

Un viol correctif, c’est quand un homme viole une lesbienne afin de la « rendre » hétérosexuelle. La pratique est particulièrement répandue en Afrique du Sud, qui est pourtant le premier pays au monde à avoir inclus dans sa Constitution l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle. Et qui a ouvert le mariage aux couples de même sexe en 2006.

CRIMES DE HAINE
Fin 2010, devant l’inaction des autorités sud-africaines, l’association Luleki Sizwe, fondée par Ndumie Funda après la mort de sa fiancée d’une méningite consécutive à un viol correctif collectif, a lancé une campagne mondiale via le site Change.org. « Ces 10 dernières années, 31 lesbiennes ont été assassinées en raison de leur sexualité; plus de 10 lesbiennes sont violées par jour juste à Cape Town; 150 femmes sont violées chaque jour en Afrique du Sud; sur 25 hommes accusés de viol en Afrique du Sud, 24 s’en sortent libres, » indique la pétition, qui approche le million de signatures (elle a été reprise notamment par le site Avaaz.org). Les signataires exigent que les viols correctifs soient considérés comme des crimes de haine.

« JE VAIS TE TUER »
Le visage qui accompagne le texte est celui de Millicent Gaika, 30 ans, violée deux fois parce qu’elle est lesbienne. Les quatre hommes impliqués lors du premier viol en 2002 ont été condamnés à des peines allant de 10 à 15 ans mais ont bénéficié de remises de peine. Le second viol a eu lieu en avril 2010. Pendant 5 heures, Millicent Gaika a été frappée et violée par un homme qu’elle connaissait. « Je sais que tu es lesbienne, hurlait-il. Tu n’es pas un homme, tu penses que tu en es un, mais je vais te montrer, tu es une femme. Je vais te rendre enceinte. Je vais te tuer. »

Le succès de la pétition a obligé le ministère de la Justice à reconnaître qu’il y avait un problème. Lundi dernier, le 14 février, le parlement britannique a évoqué la question des viols lesbophobes en Afrique du Sud, à l’initiative du libéral démocrate Mark Williams. À cette occasion, Henry Bellingham, sous-secrétaire d’État parlementaire pour l’Afrique, les Nations Unies et les Territoires d’Outre-mer, a promis que les diplomates britanniques à Pretoria aborderaient le sujet avec les autorités sud-africaines dès que possible.

Le procès de l’agresseur de Millicent Gaika, reporté à plusieurs reprises, doit se tenir le 15 mars. Aux environs de cette date, l’association Luleki Sizwe présentera au ministère de la Justice et aux parlementaires une feuille de route et une proposition de loi pour lutter contre les viols correctifs.

Signer la pétition

Via LezGetReal

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