Cela n’effacera pas l’agression dont il a été victime, mais la décision du tribunal correctionnel de Dieppe satisfait Christian Merlhiot.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2010, le réalisateur, venu à Dieppe présenter son film Le Procès d’Oscar Wilde, avait été agressé verbalement et physiquement par plusieurs jeunes gens alors qu’il rentrait à pied à son hôtel avec son compagnon après la soirée d’ouverture du Festival Diep Côte d’Albâtre.

« PROPAGER LE SIDA »
« Quatre jeunes individus ont commencé à les insulter en les traitants de tous les noms et notamment en les accusant de propager le sida, rappelle un communiqué du Collectif contre l’homophobie (CCH). Christian Merlhiot ayant demandé aux agresseurs d’arrêter leurs insultes, trois d’entre eux ont couru vers lui pour le rouer de coups et lui casser des canettes de bière sur la tête jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Son compagnon a averti les secours qui ont transporté Christian Merlhiot aux urgences, blessé à la tête et présentant de nombreuses ecchymoses. Il a eu de nombreux points de suture à la tête, deux yeux au beurre noir, un hématome et des contusions sur tout le corps, l’ensemble de ces blessures ayant occasionné 21 jours d’ITT (interruption temporaire de travail). L’enquête de police a permis de retrouver les agresseurs, qui ont été mis en garde à vue et relâchés sous contrôle judiciaire en attendant le procès. »

UN JUGEMENT « EXEMPLAIRE »
« L’un des agresseurs, Christophe Panchaud, était majeur, les deux autres mineurs. Hier, mardi 15 février, le tribunal correctionnel de Dieppe a condamné le premier à trois ans de prison dont 10 mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, 5600 euros de dommages-intérêts, dont 1500€ pour le préjudice moral. Le CCH, qui s’était constitué partie civile, recevra 450 euros pour ses frais d’avocat et un euro symbolique. C’est Maître Jean-Bernard Geoffroy, président du Réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discriminations (Ravad), qui représentait Christian Merlhiot.

Les deux autres agresseurs seront jugés par le tribunal pour enfants.

Dans son communiqué, le CCH qualifie le jugement d' »exemplaire »: « la circonstance aggravante d’homophobie a été retenue, et le préjudice moral a été considéré comme intrinsèquement inhérent à la nature de l’agression ».

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