La gay pride de Budapest devait se tenir le 18 juin prochain, mais la police vient d’en décider autrement. Au motif que la marche gêne la circulation, la police a décidé de l’interdire purement et simplement.

EXTENSION DU PARCOURS
En septembre, pourtant, l’association Szivárvány Misszió (« Mission Arc-en-ciel), qui organise l’événement, avait obtenu les autorisations nécessaires. Mais en janvier, elle a décidé de prolonger le trajet pour que la manifestation s’achève devant le Parlement, afin de protester contre le projet de Constitution, qui prévoit notamment l’interdiction du mariage des couples gays et lesbiens, et le projet de loi sur les médias. La police a refusé cette extension du parcours et du même coup retiré l’autorisation préalablement accordée.

DÉCISION POLITIQUE
Pour Sándor Steigler, le directeur de l’association Szivárvány Misszió, cité par le site hongrois francophone Hu Lala, cette décision est évidemment politique.

« Alors que les négociations se sont passées dans une atmosphère constructive, nous sommes choqués (…) que la police interdise la marche, ont indiqué dans plusieurs associations LGBT dans un communiqué commun. (…) Nous appelons le Chef de la police de Budapest à ne pas interpréter de façon arbitraire la Loi sur la liberté de rassemblement, à ne pas limiter la liberté de rassemblement de la communauté LGBT et de ceux qui soutiennent le défilé, et à autoriser l’organisation de la manifestation. »

« La situation nous inquiète sérieusement, a déclaré Evelyne Paradis, directrice exécutive de l’Ilga-Europe. La Hongrie est actuellement à la présidence de l’Union européenne et fait passer un message très négatif sur le respect, par l’Union, des droits humains de tous. »

Les organisateurs ont saisi la justice.

[mise à jour, 16 février, 16h31] « La Pride de Budapest a une histoire longue de 15 ans, et la coopération entre les organisateurs et les forces de police pour le défilé de cette année ont été exemplaires jusqu’ici, ont commenté Ulrike Lunacek et Michael Cashman, député-e-s européens et coprésidents de l’Intergroupe LGBT. (…) Nous appelons la police à discuter avec les organisateurs de façon constructive et à faire preuve de souplesse pour trouver une solution. »

« C’est une décision regrettable, a renchéri Sophie in’t Veld, vice-présidente de l’Intergroupe, et potentiellement indicative de ce que la nouvelle Constitution et la loi sur les médias prévoit pour les personnes LGBT. Cela rend littéralement les personnes LGBT invisibles. »

Photo Hu Lala

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