Même sans la voir, on sent l’indignation de Lauren Bacall lorsque l’intervieweur de Vanity Fair mentionne une anecdote rapportée par Darwin Porter dans son livre Humphrey Bogart, The Making of a Legend (lire Humphrey Bogart terrifié à l’idée d’être homosexuel?)

« J’ai sucé Bogie un soir de beuverie, aurait raconté Truman Capote, cité par Darwin Porter, spécialiste des outings de stars d’Hollywood. C’était le résultat d’un pari. Je lui ai dit que si je pouvais le battre trois fois d’affilée au bras de fer, il devrait me laisser le sucer. Il a accepté. Quand j’ai gagné, il est monté avec moi, a déboutonné son pantalon et l’a sortie pour moi. »

On imagine le froid glacial qui a dû tomber sur l’appartement de Lauren Bacall lorsque le réalisateur Matt Tyrnauer, qui l’interviewait pour l’édition de mars de Vanity Fair, consacrée à Hollywood et aux Oscars, a raconté cette histoire, après avoir fait parlé l’actrice de ses débuts, de sa relation avec Howard Hawks, de sa rencontre avec Humphrey Bogart et du rapport de ce dernier à l’alcool.

« Oh, please, a répondu Lauren Bacall, aujourd’hui âgée de 86 ans. Vous plaisantez, j’espère. Je n’ai jamais entendu parler de ça. Qu’est-ce qui vous prend d’aborder un tel sujet? Sortez du caniveau. Truman Capote a écrit le scénario de Plus fort que le Diable et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés. Bogie disait toujours « Quand on le rencontre on se dit, mon dieu, d’où sort-il, ce petit gars? Et puis quand on commence à le connaître, on a juste envie de le mettre dans sa poche tellement il est drôle et malin ». Alors c’était peut-être un fantasme de Truman, qui sait? Mais il est absolument ridicule de suggérer que c’est vraiment arrivé, et j’espère que vous êtes au-dessus de ça, parce que je n’apprécie pas du tout que vous ayez abordé un tel sujet. »

La star du Port de l’Angoisse et des Passagers de la nuit se lance ensuite à son tour dans le récit d’une anecdote, avec au centre cette fois le dramaturge Noël Coward: « Un week-end, Bogie et lui étaient les invités de Clifton Webb, raconte-t-elle. Bogie et Noël devaient partager la même chambre, et Noël était gay, ce que la terre entière savait, mais tout le monde s’en fichait, parce qu’il était génial. Être en sa présence suffisait. Et à la fin de la soirée, ils étaient en train de mettre leurs pyjamas avant de se coucher. Bogie était assis au bord du lit, et Noël à un moment a posé sa main sur le genou de Bogie. Bogie a dit « Noël, il faut que je te dise que s’il ne tenait qu’à moi et que j’aimais les mecs c’est avec toi que je voudrais être. Mais malheureusement, j’aime les filles ». Noël n’en a jamais reparlé, Bogie non plus. La grande classe! Et ils sont devenus très amis. »

Photo Annie Leibovitz pour Vanity Fair

Via The Advocate

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