Samedi 5 février, à la Scène Bastille, à Paris, le Collectif Cancan fête ses deux ans lors de sa soirée Cockorico. Musiques électroniques de qualité, esprit décalé, clientèle mixte et mélangée: le Collectif Cancan est au top du clubbing homo à Paris.

Stefan Beutter (à gauche sur la photo), la surveillante générale de la vénérable maison, répond aux questions de Yagg.

Présente-nous en quelques mots le Collectif Cancan? Le Collectif est né le 5 février 2009, lors d’un petit « apéro électro » entre potes à l’étage des Bains voulu par Thibault Jardon et mis en place par Maxime Iko, Ben Tyler et moi-même. Le groupe s’est très vite agrandi. Nous sommes des amis amoureux de la musique et de la fête et nous ne trouvions pas vraiment de soirées qui nous ressemblaient, à savoir une musique que l’on aime associée à une ambiance, une image décalée et surtout pas sérieuse. Nous sommes avant tout un collectif mixte et c’est, je pense, ce qui fait notre différence et notre force. Nous venons tous de milieux très différents, nos orientations sexuelles sont multiples (gay, lesbienne, hétéro, bi) et je ne peux imaginer faire des soirées sans toute cette troupe sans laquelle ces soirées n’existeraient pas.

Pourquoi Cancan? Le Cancan était la danse qui terminait le bal-spectacle du Moulin Rouge. À la fin de cette danse, se retrouvait sur la piste un mélange hétéroclite fait d’artistes, d’aristocrates, de prostituées, de mécènes, de petites gens, toutes et tous uni-e-s dans un seul but: faire la fête et oublier les différences.
 À notre façon, aujourd’hui, notre but est d’accueillir une clientèle mixte, mélangée, fédérée par les musiques électroniques et la découverte de nouveaux artistes (DJs, photographes, danseurs, performeurs…). Bien sûr, ces nouveaux talents ont souvent besoin d’être épaulés, aussi nous ouvrons bien évidemment nos plateaux à des artistes plus que confirmés (Joakim, Molly, Remain, Terence, Dactylo… et des affiches à venir très miam miam!). Et Cancan aussi pour les cancaneries, les blabla – c’est très gay ça non? –, ces petites phrases absurdes qui ponctuent chacune de nos soirées. Mais ça, il faut venir pour voir et lire! D’ailleurs de la même façon qu’en hommage aux artistes du Moulin Rouge nous nous sommes donné des noms aussi absurdes que Sissi Cocotte (mon bras gauche), Cul Sec, Ben Tyler, La Baker, Macaron, La Môme ou Nanou Gambette, nous baptisons nos plus fidèles clients (Kiki Campbell, Rita Papier Peint, Garance de Paname…), une sorte d’adoubement et de remerciement de leur fidélité. À qui le tour?

Où vous situez-vous musicalement? Principalement house et tech-house, mais là aussi, multiplicité dans l’écurie Cancan. Notre leitmotiv: dansons électronique! Oui, les pédales et les gouines aiment encore le son et ont bien l’intention de faire savoir qu’on peut danser sur Chloé en queue de pie et bibi!

Vous êtes pointus… mais sans vous prendre la tête. Je me trompe? Je ne sais pas si nous sommes « pointus ». Nous mettons en avant une musique que nous n’entendions plus dans les soirées gays dévolues maintenant à la progressive. Nous sommes là avant tout pour faire danser sur de la house, de la techno et de l’indie disco et même de la new wave, mais toujours avec un gros grain de folie! Nous associons cette musique à un esprit un peu décalé, un peu zinzin avec des performances qui n’avaient pas lieu d’être avant pendant ce genre de soirées. Par exemple, nous travaillons avec Yeta et sa troupe Boubouland qui nous offrent à chaque soirée des tableaux sexy, délirants. Avec lui, nous mettons en avant des jeunes performeurs (très éloignés des gogos proches de l’explosion). Sus aux strings à paillettes et à la surgonflette! Nous c’est jock strap-chaussettes et petits seins à l’air! Sans se prendre la tête donc. On a besoin de folie en ce moment dans la nuit, non?

Après ces deux années, de nouveaux projets? L’année dernière nous avons exporté la soirée à Porto au Plano B avec Move D et Thomas Meinecke et cette année c’est en France, à Nantes, que nous organisons le samedi 16 avril une Cockorico au Calysto (là où ont joué Chloé, Elisa do Brasil, Manu Le Malin…). Sinon toujours Cockorico, tous les premiers samedis du mois, à la Scène Bastille, Spoutnik (notre soirée itinérante de bar en bar une fois par mois) au Pin Up, au Léopard Café et les soirées Cancan restent pour des événements majeurs (soirée Act Up, Fête de la musique, réveillon…).

Cockorico Spéciale Cancan 2 ans, le samedi 5 février, à partir de minuit, à la Scène Bastille, 2bis, rue des Taillandiers, 75011 Paris. Entrée: 12€.


Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Cockorico.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!