Pour Cathy Ziegler, tout a basculé le jour où elle a été vue à la marche des fiertés LGBT de Strasbourg par ses élèves.

Un communiqué commun des associations strasbourgeoises La Lune, Festigays (collectif dont elle est aujourd’hui présidente) et Le Nouveau Phare raconte comment une enseignante bien notée pendant près de 25 ans a fini par être licenciée.

MULTIPLICATION DES INSPECTIONS
Professeure d’allemand, elle travaillait dans deux établissements scolaires de Strasbourg privés catholiques. Alors qu’elle n’a jamais ni caché ni mis en avant son orientation sexuelle sur son lieu de travail, en 2003, elle croise des élèves à la Marche des fiertés LGBT de Strasbourg.

« Durant les semaines qui ont suivi, rapporte le communiqué, elle subit des questions sur sa vie privée en restant discrète et ferme: cela ne regarde pas ses élèves. (…) Les élèves en parlent à leurs parents, le directeur est interpellé. Des échanges entre parents d’élèves et le directeur désignent le professeur comme une enseignante « particulière ». (…) Les inspections se multiplient (de 4 en 25 ans, elles passent à 6 en 5 ans). « Devant le nombre d’inspections Cathy est à bout et ne veut ni ne peut [en] subir une nouvelle, soulignent les associations. Suite à ce refus, la machine s’accélère, elle est finalement inspectée avant de se voir convoquer en conseil de discipline – ce qui conduira à son licenciement. Notons qu’aucune sanction (blâme ou avertissement) n’aura précédé ce conseil de discipline! ».

L’AFFAIRE A ÉTÉ PORTÉE DEVANT LA JUSTICE
Pour les associations, la discrimination homophobe et lesbophobe ne fait aucun doute. Un dossier a été déposé auprès de la Halde, sans effet pour l’instant, a précisé Irène Tabellion, présidente de La Lune et vice-présidente de l’association du Centre LGBTI de Strasbourg, à Yagg. Le tribunal administratif a été saisi (Cathy est fonctionnaire assimilée et n’a donc pas de recours aux prud’hommes), une audience devrait avoir lieu en mars ou en avril.

« À ce jour nous demandons une plus grande fermeté vis-à-vis des propos et autres actes LGBTI-phobes dans les établissements d’enseignements publics mais aussi dans les établissements privés sous contrats avec l’Éducation nationale, poursuit le communiqué. Il est temps de mettre en place une charte pour le respect des différences avec les établissements privés et l’étendre aussi aux établissements publics, ceci implique de la part des établissements privés un respect total des points de cette charte faute de quoi des sanctions financières et juridiques seraient applicables. Et nous espérons une condamnation sévère des personnes responsables de cette cabale ainsi que des excuses publiques de la part de ces dernières. »

Une pétition de soutien peut être signée en ligne.

[mise à jour, 24 février, 11h12] Certains éléments ont été supprimés à la demande d’un des protagonistes.

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