Les explications du festival Paroles et Musiques, à Saint-Étienne, sur la programmation du groupe de rap Sexion d’Assaut le 1er juin prochain n’ont pas suffi: les élus stéphanois et le collectif associatif composé d’Autrement Gay, Face à Face, SOS Racisme Loire et Les oublié(e)s de la mémoire s’opposent toujours fermement à ce concert.

PAS D' »ÉVOLUTION CLAIRE ET INCONTESTABLE DES MEMBRES DU GROUPE SEXION D’ASSAUT »
Saisis par plusieurs associations (…), Maurice Vincent [maire de Saint-Étienne, ndlr], Françoise Gourbeyre et François Mehl ont reçu successivement en mairie les responsables du festival et les associations concernées, explique un communiqué envoyé par la Ville aux rédactions. Ils ont examiné attentivement le contenu des déclarations publiques des membres du groupe depuis la polémique faisant suite aux textes de certaines de leurs chansons. (…) Ils ont constaté l’absence d’une évolution claire et incontestable des membres du groupe Sexion d’Assaut au regard de ces textes inacceptables en raison de leur caractère particulièrement agressif et violent contre les femmes et les personnes homosexuelles. »

Le communiqué est on ne peut plus clair: « Plus que jamais attaché à préserver le «vivre ensemble» qui caractérise notre ville, et qui implique le respect de l’autre, Maurice Vincent réitère donc sa demande aux responsables du Festival Paroles et Musiques de voir ce concert déprogrammé et la vente des billets stoppée sans délai. Les artistes, comme les autres citoyens, peuvent faire fausse route et se fourvoyer lors de leurs créations. Mais ils ont aussi le devoir, lorsque ces dérives les conduisent clairement dans la négation des valeurs républicaines fondamentales, d’en prendre conscience et d’y renoncer sans aucune ambiguïté. (…) C’est la vigilance minimale que nous exigeons de tous les organisateurs de festivals soutenus par des fonds publics ».

LA RENCONTRE AVEC LES ASSOCIATIONS LYONNAISES « S’EST SOLDÉE PAR UN ÉCHEC »
En début de semaine, dans une lettre ouverte aux organisateurs, les associations rejettaient la proposition d’une rencontre avec Sexion d’Assaut, en présence de la presse et d’élu-e-s de la ville.

Elles donnaient quatre raisons à ce refus: « la précédente rencontre de ce type organisée à Lyon le 29 octobre dernier avec la ville de Lyon, le Transbordeur,  les associations SOS Racisme, Rimbaud, la Lesbian & Gay Pride et Lefa s’est soldée par un échec. Refus de s’engager contre le délai de prescription de 3 mois: «Non, désolé de vous décevoir mais nous ne sommes pas des militants de la cause gay. On préfère ne pas s’engager par peur de ne pas pouvoir tenir nos engagements car notre emploi du temps est très chargé»; les propositions faites au groupe lors du concert au Fil n’ont pas été acceptées par Sexion d’Assaut, en particulier le versement d’une somme forfaitaire de 800 euros au Fil pour financement d’actions de prévention dans cette salle; les chansons à caractère homophobe n’ont pas disparu de la circulation et sont très facilement accessibles. L’album L’écrasement de tête qui contient la chanson Cessez le feu est en vente sur internet. D’autres chansons sont en écoute libre sur plusieurs sites; le titre Le relais dans lequel les rappeurs scandent «ceux qui disent qu’on a changé sont peut-être sourds» a été posté sur internet une dizaine de jours après le mea culpa officiel du groupe et a totalement brouillé le message des regrets exprimés par Lefa ». À suivre.

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