Dans une salle pleine de salariés de l’association et où les journalistes n’étaient qu’une poignée, le président de Aides, Bruno Spire, a tenu mardi 25 janvier une conférence de presse pour répondre aux informations publiées le matin même dans Le Parisien.

L’ambiance était lourde et dès le début de la conférence de presse, Olivier Denoue, directeur de la communication, lance: « Y a-t-il un journaliste du Parisien dans la salle? ». Personne ne s’est manifesté, mais le ton était donné. La meilleure parade sera l’attaque et les cinq intervenants se sont efforcés, l’un après l’autre, de tirer à boulets rouges sur Le Parisien, accusé par Bruno Spire de « vouloir détruire la lutte contre le sida ».

« UN PAPIER À CHARGE »
« C’est un papier à charge », a déclaré Olivier Denoue, qui s’est étonné du fait que la journaliste du Parisien n’ait parlé avec la direction de Aides que la veille de la parution de son article.

De son côté, Bruno Spire a insisté pour dire que tous les audits et les rapports commandés par l’association présentent depuis des années Aides comme une association à la gestion saine (voir vidéo ci-dessous). Sur le salaire du directeur général (9500 euros par mois), Bruno Spire a expliqué que pour se développer, Aides a besoin « d’un dirigeant hautement qualifié » et que le salaire reste dans la fourchette des associations de même taille.

Le rapport Sécafi, largement utilisé dans Le Parisien, a été distribué aux journalistes. On y apprend notamment que sur les salaires, la rémunération moyenne mensuelle a augmenté de 8% pour les catégories les mieux payées, alors que l’augmentation n’est que d’environ 0,8% parmi les catégories les plus basses.

Ce même rapport explique que les frais d’appel à la générosité publique (la collecte dans la rue) sont beaucoup plus élevés à Aides que dans d’autres associations: 40% à Aides contre 25% à Sidaction et moins de 10% aux Restos du cœur et au Secours Populaire. Bruno Spire a justifié cette stratégie de financement par la nécessité de conserver une indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics et pour financer des actions prioritaires dans les banlieues et auprès des gays.

CHRISTIAN SAOUT CONFIRME QU’IL EST REDEVABLE AU FISC
Christian Saout, président d’honneur de l’association, a confirmé que l’appartement dont il bénéficiait jusqu’en 2010 (alors qu’il a quitté la présidence en 2007) allait être déclaré et qu’il paierait les impôts de ce qui est considéré par l’administration comme un avantage en nature (9000 euros par an). Il a lui aussi estimé que la démarche du Parisien était une « volonté de nuisance ». Jean-Marie Le Gall, au nom des salariés, a tenu à souligner que le personnel de Aides était solidaire et qu’il n’y avait pas de malaise au sein de l’association.

CONSÉQUENCES NÉGATIVES SUR LES DONATEURS
Visiblement très ému, Bruno Spire a reconnu que cet article allait évidemment avoir des conséquences négatives sur la collecte et qu’il s’attendait à ce que certains donateurs se détournent de l’association. Dans un texte diffusé pendant la conférence de presse, les salariés s’interrogent: À qui profite le crime?

Bruno Spire a ensuite invité les journalistes à venir enquêter en toute transparence. En conclusion, Aides n’exclut pas une démarche judiciaire, dont un droit de réponse.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Bruno Spire répond à l’enquête du Parisien.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!