« Choqués et abasourdis ». C’est ainsi que l’association Aides a réagi à l’enquête du Parisien, publiée dans son édition du 25 janvier et intitulée: « Les mauvais comptes de l’association Aides ».

Salaires des dirigeants très élevés, appartement de fonction et rémunération maintenue pour un ancien président, malaise du personnel, l’enquête du Parisien Aujourd’hui en France n’y va pas avec le dos de la cuillère pour dresser un constat édifiant de la gestion de la principale association de lutte contre le sida en France.

Avec un budget de 37 millions d’euros en 2009, 450 salariés et 70 sites, Aides est devenue aussi un des poids lourds de l’associatif. La progression de son budget, de 160% entre 2006 et 2009, est surtout liée, selon Le Parisien, à la hausse des collectes auprès du public, qui atteignent 41% des ressources.

UN PRÉSIDENT D’HONNEUR PAYÉ 5000 EUROS PAR MOIS
La journaliste Odile Plichon, qui signe l’enquête, multiplie les exemples concrets: Christian Saout, président de Aides entre 1997 et 2007, a bénéficié d’un appartement de fonction à partir de 2000, appartement qu’il a rendu en 2010. Par ailleurs, Christian Saout, aujourd’hui président d’honneur de l’association, percevrait plus de 5000 euros net par mois. Il se défend dans les colonnes du journal en affirmant qu’il représente toujours Aides dans de nombreux organismes, ce qui lui prend « deux 35 heures par semaine ». Christian Saout est aujourd’hui président du Collectif interassociatif sur la santé (CISS).

Le salaire du directeur général, Vincent Pelletier, est lui aussi dévoilé dans cet article. Il toucherait 9500 euros par mois et début 2009, il aurait perçu un bonus de 6500 euros au titre de 2008. Citée par Le Parisien, la représentante du syndicat SUD affirme que les salariés, eux, « se serrent la ceinture ».

DES COLLECTES DE RUE COÛTEUSES
Selon cette enquête, les missions sociales de Aides (prévention, soutien aux malades, distributions de préservatifs, entre autres) ne représentent que 60,3% du budget de l’association, contre 77,8% pour l’Arc et 83% pour l’AFM. En cause également, le coût du démarchage dans la rue, pratique très en vogue: selon le rapport du cabinet d’études Sécafi, le coût de cette collecte est de 40,7%. Il faut dépenser 40,70 euros pour en récolter 100. C’est beaucoup plus selon le rapport que pour d’autres associations: moins de 10% pour le Secours Populaire ou les Restos du cœur.

AIDES DÉNONCE « UN SIMULACRE DE SCOOP »
Face à ce qu’elle appelle « un simulacre de scoop », l’association Aides a réagi mardi en fin de matinée avec un communiqué où elle juge l’enquête « largement contestable » et qui est « un coup très dur porté à tous nos militants ». Pour éteindre « ce feu de paille qui ruine notre image et nos actions au quotidien », Bruno Spire, le président de Aides, tient une conférence de presse à 16 heures, au siège de l’association.

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