Tito Livio Santos Mota et Florent RobinTito Livio Santos Mota, le président de Casa Amadis, la plus importante association lusitanienne de Montpellier, et Florent Robin, président de la radio associative Divergence FM, devaient se marier samedi dernier au consulat du Portugal à Marseille. Mais quelques jours avant la cérémonie, les futurs mariés ont appris que comme Florent Robin est ressortissant d’un pays où le mariage n’est pas ouvert aux couples de même sexe (la France), le consulat leur opposait une fin de non-recevoir.

« CLARIFIER LA QUESTION »
Le gouvernement portugais a en effet envoyé une circulaire à ses consulats indiquant qu’il avait décidé de « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les célébrations de mariages de personnes de même sexe dans les pays où cette disposition n’est pas légale ». Cette décision vise à « clarifier la question au regard du droit international face aux doutes et incertitudes juridiques soulevés par l’application de la loi à l’étranger », a indiqué le secrétaire d’État aux Communautés portugaises Antonio Braga, cité par l’AFP.

Les partis de gauche portugais ont immédiatement protesté contre cette suspension, qualifiée de « contraire à l’esprit de la Loi » par le député José Soeiro (Bloco de Esquerda), qui souligne qu’elle est aussi contraire « à un avis de l’Institut de Registre et Notariat, qui s’est prononcé lorsqu’une telle situation s’est produite au Brésil ».

HÉLÈNE MANDROUX À LA RESCOUSSE?
Hélène Mandroux, la maire de Montpellier où vivent les deux hommes, très engagée pour l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens, a proposé d’unir le couple. Cette situation « témoigne, s’il en était besoin, de l’absolue nécessité de poursuivre le combat engagé pour que la loi française autorise à l’instar d’autres pays, le mariage des couples de même sexe », estime-t-elle.

« A priori, je n’ai pas envie d’imiter le mariage de Bègles, a réagi Fabien Robin, interrogé par Midi libre. Mais si cela peut faire avancer les droits, alors nous y sommes favorables. » « Je crois savoir ce qu’elle veut: que l’on fasse une demande officielle, renchérit Tito Livio Santos Mota. Sachant qu’elle ne va pas aboutir. De façon à ce qu’un débat juridique s’ouvre. Là, je suis d’accord. Si c’est pour déboucher sur un mariage chiffon, ce n’est pas la peine. Faire un mariage folklorique pour faire parler de nous ne nous intéresse pas. »

Allez, on prend une pincée d’optimisme et on se dit que peut-être, qui sait, vendredi prochain, si le Conseil constitutionnel met de côté la politique pour ne voir que le droit – et en particulier le principe d’égalité –, la France ne sera plus un pays où le mariage n’est pas ouvert aux couples de même sexe.

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