Des revenant-e-s, des champion-ne-s qui changent de discipline et une petite jeune qui n’a pas peur des journalistes.

Lindsey Vonn en patronne. Les Dolomites, une station chic, une étape de Coupe du monde prestigieuse dans laquelle elle excelle. Lindsey Vonn a remporté hier le super-G de Cortina pour la quatrième fois de sa carrière, c’est le quatrième succès de la saison. Ici, elle était montée pour la première fois sur un podium, il y a sept ans, elle avait 19 ans. «Cortina a toujours été pour moi un endroit particulier, a-t-elle expliqué. C’est un week-end dans l’année que j’aborde toujours à la fois avec excitation et avec appréhension.» Lindsey, sur le circuit, c’est une patronne. Elle possède sur son grand bureau avec vue sur les cimes neuf globes de cristal, trois grands pour le classement général qu’elle a dominé en 2008, 2009 et 2010, six petits trophées qui symbolisent son goût pour la vitesse (descente 2008, 2009, 2010; super-G 2009, 2010; super combiné 2010).

Cette année encore, elle se tire la bourre avec sa meilleure copine, Maria Riesch, neuvième hier mais toujours devant au classement général. Cette année, les choses risquent d’être un peu plus corsées entre ces deux-là. Car Lindsey, qui pouvait aussi exceller en slalom et donc en combiné (une manche de descente, une manche de slalom), n’en finit plus de s’emmêler les spatules dans la discipline et n’a pas fini une manche cette saison quand Maria escalade souvent les podiums. Descente aujourd’hui.

Ivica Kostelic et son nouveau monde. À 31 ans, on peut changer de vie. Spécialiste du slalom, Ivica Kostelic allait dégringoler des tracés plus directs dans les descentes pour gagner des combinés. Il s’est mis plus sérieusement à la vitesse. L’escapade dans ce nouveau monde lui vaut sa première victoire en super-G, hier, sur la mythique pente de Kitzbuhel. Il reste un boss en slalom, trois victoires cette saison, une en combiné. Il s’envole au classement général.

Vincent Clerc parmi les 30. Une très bonne nouvelle. Vincent Clerc fait partie des 30 joueurs sélectionnés en équipe de France pour le Tournoi des Six Nations (4 février, 19 mars). On s’inquiétait un brin pour le presque trentenaire en cette année de Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 septembre-23 octobre). Un bonheur n’arrivant jamais seul, il revient avec trois autres Toulousains: Clément Pointrenaud, David Skrela et Maxime Médard. Comme on dit en sport, Marc Lièvremont, le sélectionneur, a privilégié l’expérience avec le retour aussi, notamment, du pilier Sylvain Marconnet, 35 ans cette année et 80 sélections en équipe de France. Et pour la Coupe du monde? La liste sera connue le 11 mai. On verra si les vieux briscards ont tenu le choc.

Venus Williams s’arrête, Kim Clijsters se promène. Deux tours, un jeu et Venus Williams s’en est allée à Melbourne, victime d’une blessure à la cuisse. Elle n’avait plus abandonné en match depuis l’été 2004. Cela devait faire vraiment mal. À 30 ans, l’ancienne numéro un mondiale a promis qu’elle ne s’arrêtait pas: «No end in sight» («Pas de fin en vue»). À très vite.

Si le tournoi se poursuit sans Justine Hénin, déjà éliminée par une joueuse sur le retour également, Svetlana Kuznetsova, Kim Clijsters, elle, s’est qualifiée samedi pour les huitièmes de finale. Revenue au plus haut niveau après une retraite et une maternité, la Belge, âgée de 27 ans, joue pour remporter un autre grand chelem que l’US Open qu’elle a gagné trois fois. En Australie, une autre ancienne numéro un mondiale fait belle impression, Maria Sharapova, qualifiée elle aussi pour les huitièmes de finale. Dans le tableau féminin, cela annonce une belle semaine de choc des générations.

Caroline Wozniacki chambre. La valeur n’attend pas le nombre des années. Caroline Wozniacki a damé le pion des journalistes. Entendant que certains la trouvaient «boring» («barbante») en conférence de presse, le première joueuse mondiale est venue faire les questions et les réponses (vidéo ci-dessous, version longue mais sans l’image ici): «Vous savez, je trouve cela rigolo parce que j’ai toujours les mêmes questions. Je vais donc commencer par répondre à celles que vous allez me poser: «Je me suis sentie très bien sur le court aujourd’hui, je crois que j’ai fait un bon match, je suis contente d’avoir pris ma revanche après ma défaite au tournoi de Sydney la semaine dernière, ce n’était pas un match facile (…). Est-ce que je mérite d’être première joueuse mondiale? [elle n’a pas gagné de tournoi du grand chelem et cela turlupine les observateurs comme à chaque fois, ndlr]. Je pense que j’ai fait une très bonne saison», etc…

Elle a ensuite rendu la parole aux journalistes, en leur suggérant de lui poser des questions différentes de d’habitude: «Que voulez-vous savoir sur moi, cela serait plus intéressant». Les observateurs savent désormais ce que la demoiselle pense du réchauffement climatique et qu’elle ne contribue pas à ce qu’il aille mieux avec tous ces avions qu’elle prend tout au long de l’année; qu’elle jouait du piano, et pas mal, jusqu’à 13 ans, qu’elle envisage d’avoir un clavier dans chaque chambre d’hôtel où elle descendra pour s’y remettre et donner tort à son entraîneur de père qui lui a dit qu’elle n’y parviendrait pas… Ça fait du bien aussi, un peu de fraîcheur de jeune briscarde. Bon week-end.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur ‪Caroline Wozniacki Funny Video Press Conference

Photos Christian Jansky/ Andrew Huse/ DR

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