Émilie Jouvet, Louis(e) de Ville, Wendy Delorme, entre autres, font partie de ce collectif qui vient de mettre en ligne Safe LGBT, un nouveau site consacré aux violences dans le milieu LGBT. C’est d’ailleurs collectivement qu’elles ont souhaité répondre aux questions de Yagg.

Après Engagées-Enragées, Safe LGBT. Pourquoi cette évolution? Le nom Engagées-Enragées est toujours là, mais nous avons rajouté Safe-lgbt. Cela donne “ Safe-lgbt, engagées-enragées contre les violences dans la communauté LGBT ». Safe est un acronyme pour Soutenir, Agir, Fédérer et Écouter. Nous avons choisi Safe-lgbt car il fallait un nom plus facile à épeler et à retenir, un nom plus directement compréhensible. Si tu croises quelqu’un lors d’une soirée, d’un dîner ou d’une manif et que tu veux lui donner le nom du site, Safe LGBT est plus facile à retenir et plus « exportable » qu’un nom difficile à retenir pour les anglophones par exemple.

Pour le moment la plupart des ressources sur le site sont en français mais le but est aussi de partager des ressources anglo-saxonnes très pertinentes, notamment le site after silence qui est une vraie ressource pour les anglophones avec une expertise fantastique sur la question et des possibilités de partage d’expérience et de soutien via des forums et chat rooms. Il fallait aussi un nom qui exprime une idée positive qui est ce vers quoi on tend: une communauté LGBT qui soit safe. Le nom Engagées-Enragées exprime une position, le nom Safe-lgbt exprime un horizon.

Que peut-on et pourra-t-on trouver sur le site? Des ressources, textes, témoignages et des liens vers d’autres sites et associations. Des actualités et des analyses.

La violence dans le milieu LGBT, toujours un tabou? Malheureusement oui, un tabou difficile à rompre. Peut-être pas plus qu’ailleurs, c’est-à-dire que tout milieu qui est d’ordre communautaire, que ce soit la famille, le lieu de travail ou les communautés sociales diverses fondées sur une croyance, un territoire, une pratique commune ou les liens du sang connaissent la pression de la loi du silence. Le but est de visibiliser le fait que la violence contre les personnes LGBT ne s’exerce pas seulement de la part d’une société sexiste homophobe et transphobe, mais aussi au sein de la communauté LGBT.

Au départ, il y a eu cette prise de conscience parce que que plusieurs personnes dans leur entourage connaissaient une personne du  milieu qui avait subi ou assisté à des violences. D’un réseau informel de soutien, cela a évolué en groupe de parole puis en collectif avec la  volonté de réfléchir et de rassembler sources et informations sur le sujet. Car les informations existent, des associations travaillent sur la question en milieu militant depuis des années, il existe des groupes de self défense, des associations de soutien, des brochures d’information sur le cycle de la violence. Simplement les ressources sont éparses et il manquait une vision globale, un outil qui rassemble ces sources afin que la personne qui consulte le site puisse s’orienter vers ce dont elle a besoin et/ou témoigner. Lire un témoignage, cela permet souvent d’identifier les dynamiques du cycle de la violence. Témoigner c’est aussi faire un travail de sensibilisation.

Pourquoi avoir choisi internet pour porter votre message? Qui ne se sert pas d’internet aujourd’hui? C’est un média incontournable qui rassemble une grande quantité de ressources et est devenu accessible très largement. Nous souhaitons dans l’avenir diversifier les supports, avec la création d’affiches, de plaquettes à distribuer dans les lieux LGBT.

Qu’espérez-vous provoquer avec le lancement de ce site? Nous espérons offrir une plateforme d’information, rassembler plus de sources, de témoignages, ouvrir des groupes de parole mensuels aussi. Nous pouvons offrir des conseils (à qui s’adresser en cas de violences domestique?), informer sur le cycle de la violence en rediffusant des sources diverses jusque-là éparses sur internet (textes et brochures rédigés par d’autres associations) en plus de nos propres textes. Le but global est la sensibilisation, la collecte et la diffusion d’informations, et la création de groupes de parole. Il existe divers groupes, associations qui ont publié des brochures, réalisé des vidéos, écrit des textes très pertinents. Il nous a paru nécessaire dans un premier temps de les collecter afin d’offrir une vue d’ensemble. Toute information est bienvenue, tout texte intéressant sur le sujet sera republié avec un lien vers le site originel. Safe-lgbt se veut un site plateforme qui rassemble les informations. Pour nous envoyer des informations, textes, témoignages, écrire à safe.lgbt@gmail.com.

La participation du plus grand nombre contribuera à ce que le site s’étoffe pour offrir un maximum de ressources et informations.

Mercredi 19 janvier, à partir de 18 heures, participez au chat spécial consacré à la violence dans le couple lesbien, et posez vos questions à Vanessa Watremez, de l’association Air Libre.

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