Bruno WielJusqu’au 28 janvier, la cour d’assises du Val-de-Marne, à Créteil, va se pencher sur l’agression de Bruno Wiel, tabassé et laissé pour mort dans un parc de Vitry-sur-Seine, en 2006 (lire Le procès des agresseurs présumés de Bruno Wiel se tiendra en janvier).

Les quatre agresseurs présumés ayant depuis reconnu les faits, ce n’est pas tant sur leur culpabilité que le tribunal devra se prononcer que sur le caractère homophobe de cette agression particulièrement violente. Ils sont également poursuivis, ainsi que deux autres jeunes gens, pour l’agression d’un autre homosexuel et pour vol en bande organisée dans une troisième affaire (dont la victime est hétérosexuelle).

Pour Bruno Wiel, le caractère homophobe de l’agression dont il a été victime, ne fait aucun doute, comme il l’expliquait ce matin sur Europe 1:

Si la vidéo ci-dessus ne fonctionne pas, cliquer sur « Ils avaient ciblé la communauté homo »

Même affirmation pour SOS homophobie, qui s’est portée partie civile: « Pour SOS homophobie, la nécessité de se porter partie civile dans cette affaire est évidente, explique l’association dans un communiqué, pour soutenir la démarche de Bruno Wiel, mais aussi pour les deux autres victimes qui seront à ses côtés et toutes celles qui subissent, chaque jour, de grandes violences en raison de leur orientation sexuelle. Notre association, représentée par Maître Caroline Mécary, se doit de saluer le courage de cet homme qui va affronter ses agresseurs pour obtenir des réparations qui ne seront jamais à la mesure des ignominies et des actes de barbarie qu’il a endurés. Traumatisantes, beaucoup d’agressions homophobes restent sans suite, laissant des séquelles irréversibles. De trop nombreuses personnes n’osent pas porter plainte, se sentent coupables de ce qui leur est arrivé, et se murent dans le silence. Aujourd’hui, le procès de Bruno Wiel nous rappelle une nouvelle fois que l’homophobie brise des vies. »

Bartholomé Girard, président de SOS homophobie:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Bartholomé Girard sur les bourreaux d’un jeune gay devant les assises

Pour sa part, le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg) précise que s’il a respecté le choix de Bruno Wiel, de sa famille et de ses avocats en ne se portant pas partie civile, « il entend bien toutefois suivre avec la plus grande attention le déroulement de ce procès car il ne peut admettre que les commerces gays qu’il représente soient aux yeux des homophobes le lieu de recrutement de leurs victimes ». Le Sneg ajoute qu’il  « attend un verdict exemplaire ».

Pour SOS homophobie, ce procès est « aussi l’occasion de lancer un appel à toutes les personnes LGBT qui sont victimes d’agressions homophobes, pour qu’elles sachent qu’il existe des associations, des avocat-e-s, des personnes qui sont prêt-e-s à les aider dans leurs démarches, à les accompagner et à les soutenir pour qu’elles soient reconnues pour ce qu’elles sont: des victimes d’une violence arbitraire et gratuite, qui est encore et toujours d’actualité ». L’association « invite également toute autre victime potentielle de cette bande à se faire connaître des autorités ou à nous contacter dès que possible ».

« Ce drame nous rappelle la nécessité de redoubler d’efforts pour combattre la banalisation de l’homophobie », renchérit Ian Brossat, président du Groupe Communiste et élus du Parti de gauche au conseil de Paris. « Notre dispositif judiciaire doit aller plus loin, notamment dans la pénalisation des propos homophobes dont le délai de prescription n’est actuellement que de trois mois alors qu’il atteint un an pour d’autres types de discriminations. Le procès des agresseurs de Bruno Wiel doit être l’occasion de dénoncer avec la plus grande fermeté toutes les discriminations touchant l’orientation sexuelle et l’identité de genre. »

« Tout à coup, et je ne pourrais vous dire pourquoi, tout a basculé », a avoué Julien, l’un des mis en examen, lors de son audition. « Antoine, Yohan et moi, nous nous sommes mis à le frapper ». Yohan a admis qu’il était possible qu’il ait dit « on n’est pas des pédés » en donnant le premier coup. Yohan qui a aussi déclaré devant le psychologue: « les autres, ils ont déjà tous des histoires d’agressions d’homosexuels ».

Les quatre hommes, âgés à l’époque des faits de 20 à 26 ans, ont été mis en examen pour “tentative d’homicide volontaire, enlèvement et séquestration, actes de torture et de barbarie avec la circonstance aggravante de l’orientation sexuelle de la victime”.

Le jugement est attendu le 28 janvier.

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