Alors que la situation en Tunisie est plus qu’incertaine, l’Ardhis attire l’attention sur le cas de Samir (prénom d’emprunt), homo tunisien de 24 ans détenu depuis le 23 décembre au centre de rétention administrative de Vincennes. Sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière qu’il n’a pas contesté dans les délais, il peut être expulsé à tout moment.

Samir a quitté la Tunisie à 16 ans pour rejoindre son père en Italie. Il vit depuis deux ans en région parisienne. « En dépit de la précarité de sa situation ici, Samir n’accepte pas l’idée d’un retour en Tunisie, tant parce qu’ayant quitté la Tunisie à l’âge de 16 ans il y a perdu la plupart de ses attaches, que parce que c’est en Europe qu’il a pu vivre son orientation sexuelle relativement tranquillement », explique l’Ardhis, qui s’inquiète de la fragilité psychique du jeune homme, que l’association qualifie de « tourmenté et instable »: « il est évident qu’il a besoin d’un encadrement particulièrement compréhensif et rassurant, notamment au regard de son orientation sexuelle ».

« UNE MESURE TOUT À FAIT INDIGNE ET INHUMAINE »

« L’Ardhis considère qu’expulser Samir est une mesure tout à fait indigne et inhumaine, indique-t-elle. Balaierait-on ainsi 8 ans de la vie de ce jeune majeur qui a quitté son pays alors qu’il avait 16 ans? Déclinerait-on ainsi toute responsabilité sur son état psychique alors qu’il est arrivé mineur en Europe et qu’aucun service social ne l’avait alors pris en charge? ».

Et de conclure: « alors qu’il est de notoriété publique que les rapatriés font l’objet d’un fichage en règle par la police locale, que ces jours-ci des jeunes y décèdent sous le coup de balles réelles, comment ne pas s’inquiéter du traitement dont il pourrait faire l’objet par les autorités tunisiennes? ». Le communiqué a été rédigé avant la fuite du président Ben Ali mais reste d’actualité au regard de l’incertitude qui règne pour l’instant en Tunisie.

COMMENT AIDER
Pour soutenir Samir, deux possibilités: signer la pétition en cliquant ici et relayer l’appel de l’Ardhis auprès du préfet du Val d’Oise et du préfet de police de Paris. Des modèles de lettre, les numéros de fax et les adresses email nécessaires sont sur le groupe Urgence, expulsions d’homos sur la communauté Yagg.

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