Les Internationaux d’Australie commencent lundi. Deux semaines de tennis et d’été austral: We should be so lucky. Une chronique à lire en musique, avec l’une de nos Australiennes préférées:

Découvrez la playlist TDJ 15 janvier 2011 avec Kylie Minogue

Si le player ci-dessus ne fonctionne pas, cliquez sur TDJ 15 janvier 2011

Can’t Beat The Feeling. Facile d’écrire que le premier grand chelem de l’année est unique. On pourrait ainsi qualifier les quatre rendez-vous majeurs de l’année. Mais celui-ci a un grain de plus: le côté Down Under. La nuit le jour et vice-versa, les nocturnes de Melbourne pendant que l’on prend tartines, thé et confiture en France. Chaleur diurne comme nocturne là-bas, fraîcheur de notre mois de janvier. Le public qui s’évente, les supporters suédois torse nu quand on est à la recherche de la première écharpe venue.

Au-delà de l’hémisphère sud et du climat, il y a aussi l’ambiance d’un grand chelem qui reste moins grandiloquent que les autres. Cela n’enlève rien à la qualité tennistique de la compétition jouée sur une surface intermédiaire entre la rapidité du béton de l’US Open et la langueur de la terre battue de Roland Garros. Et parce que c’est l’orée de la saison, les surprises peuvent arriver en fonction de l’état de forme des cadors et des autres.

Better Than Today. Les Internationaux d’Australie commencent sur un beau geste: Samantha Stosur, native du Queensland, Kim Clijsters, Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic vont jouer demain en lever de rideau pour les victimes des inondations qui dévastent la province du nord-est australien. Ils espèrent récolter un million de dollars.

Put Your Hands Up (If You Feel Love). Résumé des épisodes précédents. Melbourne, janvier 2010, canicule de l’été austral. Roger Federer gagne les Internationaux d’Australie. Ce sera le seul finalement remporté dans l’année; Serena Williams attrape la couronne pour la cinquième fois.

Get Outta My Way. Peut-il le faire? Rafael Nadal, victorieux à Roland Garros, à Wimbledon et à l’US Open en 2010 est en course pour boucler la boucle en Australie. Il ne s’agit pas d’un vrai grand chelem – il faut gagner les quatre dans la même année –, mais cela marquerait les esprits du petit monde du tennis. Un seul homme a gravi cet Everest, l’Australien Rod Laver en 1969.

Down Under, Rafa a eu les débuts poussifs, ce qui n’empêche pas une montée en puissance. Autour de lui, son dauphin Roger Federer, quatre fois vainqueur à Melbourne, mais aussi deux joueurs finalistes ici, Novak Djokovic et Andy Murray, troisième et cinquième mondial. Ou encore Robin Soderling. Ce dernier, c’est l’underdog, l’empêcheur de tourner en rond autour d’un duel Nadal-Federer ou d’une valse à quatre, celui qui a écarté Rafael Nadal de son chemin à Roland Garros en 2009. Il est le seul joueur à avoir battu le champion sur la terre battue parisienne. Il a récidivé avec Federer, tenant du titre, l’année suivante…

Closer. Serena n’est pas là qui panse toujours ses plaies (les complications d’une blessure au pied contractée pendant l’été). Qui pour lui succéder? Comme toute la planète tennis en 2010, l’Australie constitue une terre d’opportunité pour le circuit féminin en quête de patronne. Le tournoi de Sydney, prestigieux préambule de Melbourne, vient de l’illustrer: l’humeur est toujours au beau désordre. Les deux premières joueuses mondiales au palmarès vierge de grand chelem, Caroline Wozniacki et Vera Zvonareva, s’en sont allées dès le premier tour. Kim Clijsters, troisième mondiale, s’est effacée en finale devant Li Na qui, à 29 ans, entre pour la première fois dans le Top 10. Venus Williams (5e) est là mais elle a précisé avoir quand même toujours un peu mal au genou.

Prenons le verre d’eau à moitié plein: Melbourne peut offrir un petit coup de surprise sauce Roland Garros, Quand Francesca Schiavone et Samantha Stosur avaient damé le pions des favorites avant que l’Italienne ne s’impose en finale. Allez, en grosse cote, Terrains de jeux place Maria Sharapova. La Russe qui n’en finit plus de revenir d’une méchante blessure à l’épaule fait un break avec son entraîneur de longue date (plus de six ans), a annoncé Foxsports.com. Un nouvel entraîneur (Thomas Hogstedt), une nouvelle dynamique. À 23 ans, l’ancienne première mondiale (en 2005, 2007, 2008) a encore du temps devant elle.

Looking For An Angel. Samantha Stosur. Et si c’était elle? Peut-être. Un pays espère. Une Australienne n’a pas gagné ici depuis 1978 et Chris O’Neill. Samantha Stosur, femme aux deux visages. Sourire désarmant et verbe timide, aux antipodes d’un tennis costaud et opiniâtre. Cette fille de 26 ans est pétrie de ce qui n’est peut-être pas le tennis le plus mignon du monde mais elle brille par sa joie de jouer et son fair-play. Sixième mondiale, elle n’a jamais gagné un tournoi chez elle, sans doute cette fameuse théorie culino-sportive de la pression.

Chez les garçons, pareil. Longtemps qu’un Aussie n’a pas gagné ici. Mark Edmonson en 1976. Pat Cash a bien été deux fois finaliste en 1987 et 1988. Lleyton Hewitt n’a pas réussi qui a été premier mondial pourtant. Presque impensable de constater que le petit trublion jusqu’au boutiste des courts aura 30 ans en février. Devenu vieux briscard, il peut encore réserver de jolis coups. Il sera opposé à un revenant, l’Argentin David Nalbandian, tout récent finaliste à  Auckland, dès le premier tour.

Come Into My World. Le monde de l’Australie a souvent souri aux Français-e-s, comme si une distance donnait des ailes. Nicolas Escudé demi-finaliste en 1996, une demi-finale en cinq sets entre Sébastien Grosjean et Arnaud Clément en 2001, l’épopée de Fabrice Santoro qui joua là-bas le seul quart de finale en 70 participations en grand chelem (un record); ou encore Nathalie Dechy avec sa demi-finale en 2005, la victoire d’Amélie Mauresmo en 2006 et la finale de Jo-Wilfried Tsonga en 2008.

Et 2011? Pêle-mêle un Gaël Monfils toujours aussi gourmand, un peu plus maîtrisé dans sa manière de jouer, Tsonga, de retour de blessure, toujours aussi vorace et talentueux, le retour du jeu varié de Gilles Simon. Et espérer de Marion Bartoli ou d’Aravane Rezai.

Can’t Get You Out Of My Head. Ok, un peu une fixation. La tenante du titre n’est donc pas là. Serena manque au tennis. Après, j’arrête. Je n’en parle plus, jusqu’à ce qu’elle revienne. Reviens Serena! Bon week-end.

À partir de lundi sur Canal+ Sport et Eurosport… jour et nuit.

Photos DR/Rob Young/Papushin

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!