fatwa contre les homosexuelsAprès l’annonce du soutien financier de l’Union européenne à la lutte contre l’homophobie au Cameroun, dans le cadre du « Projet d’assistance et d’encadrement aux minorités sexuelles » (Paemh) coordonné par l’Association de défense des homosexuels (Adefho), la fondatrice de l’association, l’avocate Alice Nkom, risquerait l’arrestation. Selon un post du militant humanitaire Mark Canavera sur The Huffington Post, un représentant du ministère de la Communication aurait suggéré, lors d’une émission diffusée hier, dimanche 9 janvier, qu’Alice Nkom, en acceptant l’aide de l’UE, se serait rendue coupable de crimes contre la loi camerounaise, la souveraineté et l’indépendance du Cameroun.

« CONNIVENCE PASSIVE »
Le site Camer.be, parmi d’autres, a repris la semaine dernière un texte d’un certain Sismondi Barlev Bidjocka, « journaliste, porte-parole de la jeunesse camerounaise », qui accuse les autorités camerounaises de « connivence passive » et « rappelle qu’en début d’année scolaire le Rassemblement de la jeunesse camerounaise a mené une campagne de sensibilisation dans les lycées et collèges contre la gangrène de l’homosexualité ».

Un post du 7 janvier sur le blog du Rassemblement de la jeunesse camerounaise lance une « fatwa contre les homosexuels au Cameroun »: « Traquez-les, dénoncez-les, sans pitié aucune! ».

« Dans un pays sérieux, responsable et jaloux de sa souveraineté, la réaction ne devait pas se faire attendre, peut-on lire aujourd’hui sur ce même blog. Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise mobilisera les jeunes pour une manifestation devant la représentation européenne à Mantanfen si le gouvernement ne réagit pas cette semaine. Nous demandons que ces financements soient officiellement interceptés et que le chef de délégation de l’Union européenne soit convoqué. »

« HAUTE VIGILANCE »
« Nous devons être vigilants quant à [la] sécurité [d’Alice Nkom], explique le militant et universitaire Charles Gueboguo, cité par Mark Canavera. Elle est la seule avocate au Cameroun qui défend les droits des personnes LGBT, un travail qu’elle accomplit à titre gracieux. » Dans une note publiée sur Facebook, Charles Gueboguo « en appelle par ce biais à une haute vigilance, pour que cette grande dame, qui n’a jamais cessé de combattre pour les droits humains au Cameroun, ne soit pas laissée seule entre les griffes de ce système homophobe… ».

De son côté, le Centre LGBT Paris IdF « demande aux institutions françaises et internationales de veiller à sa sécurité et d’intervenir avant qu’elle ne soit inquiétée ».

À cette heure, Yagg n’est pas encore parvenu à joindre l’Adefho ni Alice Nkom.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Soutenez votre média LGBT indépendant sur le mur de Yagg!