Santé
VIH | 02.11.2010 - 08 h 10 | 0 COMMENTAIRES
SIS Afrique: un coup d’accélérateur de l’expertise africaine dans la lutte contre le sida
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Lancé à Dakar le 28 septembre dernier, SIS Afrique est un centre ressources pour les pays africains qui disposent de lignes d'écoute sur le VIH/sida et la santé. Présentation d'une initiative unique.

Lancé à Dakar le 28 septembre dernier, SIS Afrique (pour Solidarité Info Santé Afrique) est un centre ressources pour les pays africains qui disposent de lignes d’écoute sur le VIH/sida et la santé. Association sénégalaise, SIS Afrique a pour vocation d’être un outil au service de la coopération Sud-Sud, Sud-Nord et Nord-Sud. Le centre réunit à ce jour huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre: Bénin, Burundi, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, République du Congo, Cameroun, Sénégal, Niger. Fabrice Clouzeau, responsable des actions internationales de SIS, qui a mis au point ce projet en partenariat avec ses homologues africains, nous en dit plus sur cette initiative unique.

Comment est née SIS Afrique? SIS Afrique a été créée en mai 2010 issue d’une volonté commune entre trois acteurs différents et complémentaires dans la réponse au VIH/sida: Sida Info Service France (SIS), AfriCASO et le CTA/Opals (centre de traitement ambulatoire de l’hôpital Fann à Dakar, et sous l’égide de l’Onusida. C’est le fruit de huit ans de partenariats bilatéraux entre SIS et les partenaires pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Durant ces années d’échanges et de renforcements des liens respectifs, les associations africaines chargées des dispositifs nationaux de relation d’aide à distance sur le VIH/sida ont très tôt plaidé pour la création d’un centre de ressources régional africain qui serait un catalyseur des expériences et des échanges d’information inter-pays. L’idée centrale étant de faire émerger une expertise africaine dans la relation d’aide à distance appliquée au VIH/sida, mais également à d’autres thématiques telles que la santé sexuelle et la santé reproductive…

Quels sont les services proposés par le centre de ressources? L’activité centrale est la promotion de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication [NTIC], essentiellement les téléphones portables et internet, dans la réponse aux problématiques du VIH, de la santé sexuelle et reproductive, de la santé maternelle et infantile, des populations discriminées… Il s’agit de renforcer les structures existantes de lignes nationales de relation d’aide à distance (RAD), et d’aider à leur création dans les pays de la sous-région en permettant d’emblée un transfert des outils logistiques et techniques. Le Centre sera un observatoire régional. L’idée est de recueillir puis de promouvoir les données collectées sur chaque dispositif national concernant les thématiques de référence et permettre ainsi de pouvoir tracer une cartographie et un état des lieux des questionnements des populations, pouvant éventuellement nourrir les communications nationales de prévention et d’orientation. La matrice de cette initiative est d’assurer dans chaque pays concerné dans cette région un accès universel à l’information et à la prévention à travers la gratuité de l’utilisation des lignes de RAD dans le respect de la confidentialité et de l’anonymat de l’appel.

Quels soutiens avez-vous reçus pour lancer ce programme? Pour le moment , des soutiens essentiels. Le premier, celui de la mairie de Paris qui d’emblée a soutenu cette initiative innovante et qui est je le répète une initiative régionale permettant une capitalisation d’envergure dans la lutte contre le VIH/sida notamment. Les autres partenaires sont le Conseil régional Ile de France et la ville de Dakar. Les partenaires locaux africains sont également sollicités. Enfin, cette construction transnationale n’aurait pu être échafaudée sans le soutien volontaire de l’Onusida, et particulièrement du Dr Meskerem Grunitzky-Bekele, directrice du bureau régional de Dakar.

Qu’est-ce que les lignes d’écoute peuvent apporter aux gays et aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) dans ces pays? En effet, la situation des HSH – si on veut bien d’emblée accepter ce terme épidémiologique “générique” et réducteur – est à première vue très précaire. Les études de cohorte montrent d’une manière concomitante, dans certains pays africains, une forte exposition à la transmission du VIH. Les raisons sont de plusieurs ordres, que je ne peux développer ici. Une manière de limiter les prises de risques est de travailler sur la rectification des idées fausses concernant la transmission et la perception du risque en général. L’écoute offre un espace protégé pour l’appelant. C’est essentiel dans des pays où une certaine homophobie sociale est prégnante, parfois doublée par la pénalisation de l’homosexualité. Le téléphone portable est à cet égard un outil très personnalisant. C’est-à-dire qu’il permet à la personne de s’isoler et de “dire”. Au-delà des questions de prévention, et de pratiques sexuelles, les HSH évoquent souvent leur vie sociale, les contraintes culturelles ou leurs attentes en terme de réflexion identitaire.

Solidarité Info Santé Afrique, route de la Corniche des HLM, Centre socio-culturel des HLM, Dakar, Sénégal. Tél.: + 221 77 639 35 98.

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