Un départ pour une course mythique, la Route du Rhum part de Saint-Malo dimanche pour rejoindre Pointe-à-Pitre; un départ pour de bon, celui d’Elena Dementieva.

VOILE: « TOUJOURS TU CHÉRIRAS LA MER ». C’est l’une des transatlantiques les plus célèbres du monde de la voile: la Route du Rhum s’élancera demain, dimanche 31 octobre, à 13h02, de Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. La course a lieu tous les quatre ans, comme les Jeux Olympiques. Son mythe s’est écrit dès la première édition, en 1978, avec l’arrivée au finish entre Mike Birch et Michel Malinovski. Quatre-vingt-dix-huit secondes séparaient les deux skippers après plus de trois semaines de course. Une édition marquée, aussi, par la disparition d’Alain Colas.

VIEUX RHUM. Les souvenirs se ramassent à la pelle, Éric Tabarly démâtant en 1982 ou, en 1990, la victoire de Florence Arthaud. Elle, en direct, un soir sur France 3, silhouette manœuvrant de la proue à la poupe, museau au vent dans les alizés qui ralentissent l’arrivée, comme un point d’orgue d’une course absolue. 1998, l’intrusion d’une gamine, 16e de la course mais première de sa catégorie, Ellen MacArthur qui gagnera le Rhum en 2002; le doublé de Laurent Bourgnon en 1994 et 1998.

DE L’ABSENCE. Cela fait le charme d’une course à la voile. Un skipper s’en va, il donne de ses nouvelles à la radio. Avec la technologie, il crachote moins, on le voit aussi, elle ou lui lavé par les vagues, mangeant son petit frichti; elle ou lui, leur fatigue, leur angoisse, le soleil de l’équateur ou le champagne sablé au passage de cette ligne; elle ou lui plus proche de nous, jusqu’à ce que l’on aperçoive la ligne d’horizon, la mer, infiniment, qui nous rappelle la solitude dans l’immensité.

DU GIGANTISME. Monocoques et multicoques, de différentes longueurs, naviguent en parallèle. Pour la première fois depuis 1986 et la disparition de Loïc Caradec, neuf trimarans de plus de 60 pieds (18,28 mètres) sont alignés. Qui sont-ils? Des bolides des mers, habitués à être pilotés en équipage. Les skippers, qui seront seuls, ont le droit d’avoir un routeur. Parmi eux, des cadors: Francis Joyon, celui qui a amélioré le record du tour du monde à la voile en 2008. Celui qui avait joliment lancé: « la mer m’a laissé passer », à l’arrivée de son périple de 57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes, près de 14 jours de moins que la marque détenue par Ellen MacArthur. Franck Cammas, détenteur du record du tour du monde par équipe, est de la partie, comme Thomas Coville. Ces fend-la-bise devraient être les premiers à arriver en Guadeloupe.

TENNIS: UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE. Elle l’a annoncé hier, c’est son grand départ. Elena Dementieva a décidé de mettre un terme à sa carrière. Âgée de 29 ans, la Russe venait de perdre contre Francesca Schiavone aux Masters à Doha, la finale du circuit féminin.

Dans son sillage, elle laisse une véritable école du tennis russe qui, comme lui a lancé une Vera Zvonareva en larmes, lui doit beaucoup. Et elle. Sa classe, son sourire. Son tennis de feu mais parfois si fragile. Deux finales dans des tournois du grand chelem, mais pas de victoire majeure. Une troisième place mondiale, son pinacle. Mais aussi, un chef d’œuvre, la finale de la Fed Cup, en septembre 2005, à Roland Garros: ses deux victoires en simple mettant Amélie Mauresmo au désespoir et le triomphe en double, avec Dinara Safina. Son sourire, son fair play, son français impeccable avec cet accent charmant de gracilité. Bon vent Elena.

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