« Un statu quo annoncé » pour l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), un projet « conservateur, incohérent, injuste » pour le Parti socialiste… Le projet de loi de révision des lois de bioéthique adopté ce matin par le Conseil des ministres ne révolutionne pas grand chose. Certes, il permettra aux enfants nés de dons de sperme ou d’ovocytes de connaître l’identité du donneur ou de la donneuse (avec leur accord), mais l’assistance médicale à la procréation (AMP) reste réservée aux couples hétérosexuels (elle s’ouvre aux pacsés hétéros) et la gestation pour autrui (GPA) exclue.

« Cette révision quinquennale aurait pu être une opportunité pour adapter notre droit à l’évolution de la société dans le respect des règles éthiques, regrette l’APGL. (…) Après un débat public qui n’a été qu’une mascarade et une concertation biaisée, le rapport parlementaire – assumé seulement par le parti majoritaire – a conclu à la nécessité de ne rien changer. Le projet de loi ne fait qu’acter cet immobilisme. (…) Ce projet reflète une vision extrêmement conservatrice de la famille, comme si le projet parental ne pouvait se concevoir que dans le cadre d’une union hétérosexuelle. Le législateur semble ignorer l’existence des familles homoparentales qui sont pourtant une réalité bien vivante. Partout ou presque en Europe, la famille homoparentale est reconnue et peut se constituer dans un cadre légal respectant les principes éthiques. La France s’apprête à continuer à être le dernier pays à fermer les yeux devant cette évolution de la société. »

« Nous ne pouvons que déplorer le manque de souffle et d’ambition du texte présenté ce matin par le gouvernement, renchérissent Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale aux questions de société du Parti socialiste, et Bertrand Monthubert, secrétaire national à la Recherche. [Le projet de loi est] dramatiquement conservateur pour ce qui est de la prise en compte des évolutions de la société: rien ou presque n’est prévu pour élargir les conditions d’accès à l’assistance médicale à la procréation. En restent exclus, sans raison valable, tous ceux qui ne répondent pas aux canons traditionnels de la famille « un papa, une maman, mariés ou pacsés ». Rien sur les mères célibataires, rien non plus sur les couples homosexuels… Il y avait pourtant là une opportunité sans égale de permettre aux couples infertiles quelles que soient leurs situations d’échapper à la fatalité. Une opportunité sans pareille de repenser de manière ambitieuse les liens de parentalité, les évolutions des modèles familiaux, qui se nouent au sein de notre société. »

[mise à jour, 21 octobre, 12h30] « Lever l’anonymat du don de gamètes sans ouvrir la procréation assistée à tous les parents, c’est accorder plus d’importance aux vérités biologiques qu’aux réalités sociales, s’indigne Homosexualités et socialisme (HES) dans un communiqué. La génétique avant l’éducation: le gouvernement ne sait décidément pas ce que sont les familles aujourd’hui. En censurant ainsi les projets familiaux portés par les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans), le gouvernement isole la France dans des règles discriminatoires et anachroniques. HES attend du débat parlementaire à venir qu’il soit l’occasion de faire émerger une définition de la famille fondée, non sur des liens biologiques, mais sur une réalité sociale. »

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