Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à Didier Dubois-Laumé Dubois-Laumé, de Café lunettes rouges et Grégory Bec Bec des Petits Bonheurs. Ils répondront à vos questions pendant une heure. À vos claviers!

Grégory Bec et Didier Dubois-Laumé: Nous sommes contents d’être réunis pour partager ce moment.

chris: Bonjour. Comment sont financées vos associations respectives? Merci.

Didier Dubois-Laumé: Le café Lunettes rouges ne bénéficie d’aucune subvention.
Grégory Bec:
De la création en avril 2008, jusqu’en août 2009, nous avons fonctionné uniquement avec des dons privés et depuis la fin de l’année dernière, nous commençons à bénéficier de subventions des partenaires institutionnels publics et privés.
Didier Dubois-Laumé: C’est un choix de notre part de ne pas demander de subvention pour le Café. Cela nous oblige à faire preuve d’imagination et à aller plus vers les autres et expliquer notre action.
Grégory Bec: Si nous avions attendu d’avoir des financements publics pour commencer, le projet n’aurait jamais vu le jour. Le nerf de la guerre, c’est avant tout la motivation et la détermination.

Gwenael: Bonjour. Comment fonctionne Les petits bonheurs? Vous êtes contactés directement par des malades? Par leurs proches?

Grégory Bec: Nous nous déplaçons directement à la rencontre des personnes à leur domicile ou au sein des structures de soins après orientation et mise en relation par l’équipe médicale dans la plupart des cas.

pascalou: L’existence de vos deux associations est-elle favorisée par l’abandon des actions de soutien et d’aide aux personnes malades et séropositives sur Paris d’autres associations plus anciennes (AIDES…), qui se recadrent sur la prévention et sur l’international ?

Grégory Bec: Nos deux associations sont complémentaires au réseau en place.
Didier Dubois-Laumé: Il est triste de constater que les autres associations ne comprennent pas que nous ne sommes pas en concurrence mais complémentaires. Café Lunettes rouges fonctionne sans subvention.
Grégory Bec: La plupart des personnes que nous accompagnons n’ont pas de lien antérieur avec les structures associatives. Nous parvenons à entrer en contact avec elles parce que nous nous déplaçons directement à leur rencontre, chez elles. Ce qui n’est pas la même démarche que d’aller dans un lieu collectif.

traitdunion: Bonjour. Est-ce que Les Petits Bonheurs et Café Lunettes Rouges travaillent ensemble?

Grégory Bec: Oui. Nous articulons nos compétences en orientant respectivement les personnes que nous rencontrons. Par exemple, nous avons à l’occasion de Noël, le 25 décembre, réunis au Café Lunettes rouges 125 personnes suivies par nos deux structures.
Didier Dubois-Laumé: Autre exemple, le jour du printemps, nous avons passé une après-midi sur une péniche. Nous unissons nos forces. Lorsqu’une personne est hospitalisée, cela peut être de recueillir son chat.

traitdunion: M. Bec, pourquoi parlez-vous de concurrence? Elle n’existe pas, sauf dans les polémiques.

Grégory Bec: C’est Didier qui a parlé de concurrence. J’ai parlé de complémentarité.

Julien: Manquez-vous de volontaires pour mener vos actions? Y a-t-il une crise de la « militance » sida?

Grégory Bec: Oui nous manquons cruellement de bénévoles. Il y a assurément un changement majeur de l’engagement des personnes qui s’investissent. Beaucoup de personnes touchées se sont recentrées sur leur propre combat et trajectoire personnelle et les militants des années 80 se sont progressivement retirés à l’arrivée des multithérapies, ayant le sentiment que le plus important était fait. Et s’autorisant à se retirer.
Didier Dubois-Laumé: On est dans une génération qui zappe, pendant six mois, ils vont se mobiliser contre le sida, et six mois après avec la même énergie, ils se mobiliseront pour les boîtes de camembert… Il y a aussi le choix des grandes associations qui préfèrent des professionnels et pensent qu’il n’y a plus besoin de lieux de convivialité et que les séropositifs doivent se prendre en charge eux-mêmes.

paul denton: Est-ce que vous recevez des jeunes séropos ou malades du VIH? Est-ce que vous avez l’impression que les jeunes se sentent concernés par le VIH?

Grégory Bec: Nous nous adressons principalement aux « survivants des années 80 ». La plupart des gens ont plus de 40 ans. Nos quelques « jeunes » séropositifs sont ceux qui sont nés séropositifs et qui ont entre 15 et 25 ans.
Didier Dubois-Laumé: Parmi les jeunes, il y a un manque d’information et ils pensent que la trithérapie soigne la maladie. Le Café Lunettes rouges accueille des jeunes et des moins jeunes, des gays et des hétéros, des bi, des trans’ aussi. Les anciens peuvent faire part de leur expérience et c’est aussi intéressant d’avoir le regard neuf des jeunes.

Antoine: Combien de personnes participent au Café lunettes rouges?

Didier Dubois-Laumé: Sur l’année dernière, nous avons eu une moyenne de 63 personnes qui sont venues passer le dimanche après-midi au Café. On a pu parfois accueillir plus de 100 personnes, par exemple à Noël. Rappelons que le Café fonctionne les dimanches et les jours fériés, toute l’année.

Lorenzaccio: Vous soulevez une question intéressante, pourquoi n’y a-t-il aucune communication sur le VIH spécifique au public trans’?

Didier Dubois-Laumé: Il existe des groupes de travail au Centre LGBT.
Grégory Bec: Il y a une diffusion de l’information par des acteurs de terrain au sein de la « communauté trans' ». Il y aurait sans doute des informations à communiquer voire à rechercher sur traitement hormonal et interactions avec les multithérapies.

traitdunion: Le CLR accueille les gens où?

Didier Dubois-Laumé: Le Café Lunettes Rouges est hébergé par le Centre LGBT de Paris Ile-de-France. Il est ouvert tous les dimanches et jours fériés de 16h à 19h. CLGBT, 63 rue Beaubourg, Paris 3e. Métro Arts et Métiers ou Rambuteau. L’adresse de notre site: http://www.cafelunettesrouges.free.fr