C’est une étonnante interview de Liza Minnelli que l’on peut lire en ce moment dans le magazine américain The Advocate (lire Liza Minnelli fesses up). L’artiste vient de sortir un nouvel album plutôt réussi (lire notre critique: Liza Minnelli, Confessions) et pour l’occasion le journaliste Michael Joseph Gross a visiblement décidé de mettre les pieds dans le plat.

Rarement en effet un intervieweur aura autant titillé la star américaine sur sa relation avec les homos, ses fans, bien sûr, mais surtout ceux de sa vie: son grand-père maternel, les maris de sa mère, son père le réalisateur Vincente Minnelli et au moins l’un de ses maris, le comédien et auteur Peter Allen.

MARIS HOMOS
Sur ses fans gays, la star n’a pas grand chose à dire. L’intervieweur s’attaque donc au registre personnel. Avec quelques difficultés: « Après que je lui ai demandé pourquoi, selon elle, sa mère et elle avaient toutes les deux épousé des homosexuels, elle me fixe du regard, longuement, en clignant des yeux et puis coupe court à la conversation en lançant: « je dois aller aux toilettes ». »

« CE N’ÉTAIT PAS MES OIGNONS »
Le journaliste demande ensuite si en famille elle n’a jamais discuté de l’homosexualité de son grand-père maternel, le père de Judy Garland, Frank Gumm. La réponse est sèche: « Ce n’était pas mes oignons ». Une relance de l’intervieweur lui vaut la même réponse. Il enchaîne ensuite sur Vincente Minnelli. « Il ne l’était pas… », réplique-t-elle. Puis cette justification un peu bancale: « Il a été marié quatre fois, et vous auriez dû voir les peintures de femmes nues qu’il faisait… »

Le malaise se poursuit lorsque Liza se lance dans une description romancée de Stonewall (on se souvient de son erreur lors de la gay pride 2009 où elle évoquait à plusieurs reprises le « 50e anniversaire » des événements qui se sont produits en 1969…) et se contredit sur son premier mariage avec Peter Allen. Elle affirme d’abord ne pas avoir su qu’Allen était gay, puis raconte qu’en fait si, qu’ils en ont parlé tous les deux et qu’ils ont décidé de tenter le coup…

« LE VERRE À MOITIÉ PLEIN »
Déni ou simple envie de ne pas parler de ces choses-là à un inconnu? Liza amorce un début de réponse en fin d’interview en s’adressant à son interlocuteur: « Désolée, je n’ai pas été aussi ennuyeuse que vous le vouliez. (…) Vous vouliez que je parle de douleur, de choses sombres et difficiles, de la souffrance, et je pense que je vous ai déçu parce que je vois le verre à moitié plein et que je désire parler des choses heureuses et positives. Parce que c’est ça la vie ».

Pour l’avoir interviewée il y a quelques années, l’auteur de ces lignes confirme que la star américaine est mal à l’aise sur le sujet. Elle avait ainsi esquivé une question sur l’imagerie gay des films de son père, avec une jolie réponse, qui indiquait de manière indirecte qu’elle ne souhaitait pas s’étendre sur un sujet forcément un peu douloureux. Dans ces cas-là, on peut insister ou passer à un autre sujet. Le journaliste de The Advocate a manifestement choisi la première option. Cela en valait-il vraiment la peine?

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