Dans le cadre des 40 ans du MLF, la Coordination lesbienne en France (CLF) organise, les 23 et 24 octobre, un colloque intitulé « Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement ».
frise CLF

À quelques jours de la clôture des inscriptions (le 16 octobre), Yagg a demandé à Marie Josèphe Devillers, Jocelyne Fidard et Catherine Morin Le Sech. co-présidentes de la Coordination lesbienne en France, de nous en dire plus.

Commençons par le début: la Coordination lesbienne en France, c’est quoi? Comme il existe des fédérations d’associations gays (l’Inter-LGBT par exemple) ou d’association trans’, il existe « une coordination lesbienne » qui réunit les associations lesbiennes autour des mêmes objectifs: renforcer la visibilité et la représentation des lesbiennes dans la société, faire progresser et préserver les droits des lesbiennes, lutter pour une société égalitaire et laïque qui ne soit ni lesbophobe, ni sexiste et contre toutes les discriminations.

Depuis sa création en 1997, la CLF a vu adhérer 33 associations lesbiennes féministes, sans compter les groupes informels, et une cinquantaine de femmes individuelles.

Vous organisez un colloque « Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement ». Quel est son objectif? Quels sont les thèmes principaux? À qui s’adresse-t-il? Ce colloque, conçu comme une contribution à la célébration de 40 ans de féminisme, s’adresse aux lesbiennes, bien sûr, mais vise également un public large et touchera des personnes ouvertes aux évolutions sociales.

Cette manifestation s’articule en deux temps: le samedi 23 octobre avec 15 intervenantes, tant chercheuses que militantes reconnues, et le dimanche en une série de 6 ateliers thématiques. Il s’agit d’analyser le passé pour mieux agir aujourd’hui. Les lesbiennes militantes ont partagé tous les grands combats de ces 40 dernières années, portées par les idées de liberté, d’égalité, de justice, de laïcité. Il est important d’en assurer la transmission auprès des nouvelles générations.

On a parfois l’impression que les jeunes lesbiennes ne sont pas conscientes des combats qui ont été menés par les générations précédentes? La transmission entre générations peut-elle se faire par un colloque comme celui-ci? En 40 ans le contexte a terriblement évolué. Mais aujourd’hui comme hier, la population lesbienne est très hétérogène. Aujourd’hui comme hier, des lesbiennes sont investies dans les combats à mener pour leur époque et d’autres ne le sont pas du tout.

Établir un lien entre les combats d’hier et d’aujourd’hui, et donc entre les lesbiennes d’hier et d’aujourd’hui? Oui, ce colloque y contribuera, de même que tous les projets connexes qu’il génèrera (publication des textes fondateurs, publication des Actes, projet de wiki-lesbien, établissement d’une chronologie lesbienne…). Il réactualisera le passé, rassemblera des lesbiennes de diverses générations pour créer une vision partagée de l’histoire.

Les conférences sont ouvertes à tous mais les ateliers sont non-mixtes. Pourquoi? Ce mode d’organisation de l’événement – mixité pour la première journée, non mixité pour la seconde – répond au double objectif du colloque: visibilité des lesbiennes et de leur histoire d’une part et réflexion interne d’autre part. Les féministes et les lesbiennes ont d’ailleurs inventé ce concept de non-mixité dans les années 1970 comme stratégie de lutte dans une société qui pratiquait largement la non-mixité d’exclusion à l’égard des femmes, c’était aussi un pour pouvoir mettre en commun leur vécu de femmes pour élaborer une pensée et une parole autonome.

On fête cette année les 40 ans du MLF. Ça veut dire quoi, être féministe en 2010? Être féministe aujourd’hui, c’est encore et toujours se battre pour plus d’égalité, de justice et de liberté, au côté des femmes et des lesbiennes, et pour les femmes et les lesbiennes du monde entier. En fait, c’est faire évoluer la société toute entière puisque les droits des unes sont indissociables des droits des autres!

Pour vous inscrire (avant le 16) et/ou découvrir le programme, rendez-vous sur le site de la CLF. Les interventions seront traduites en langue des signes.

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