Cet article a été publié sur le site vih.org et nous le reproduisons avec l’aimable autorisation de ses auteurs.

Au terme de la conférence de remobilisation de ses ressources, le Fonds mondial fait ses comptes. Et même si les pays financeurs ont augmenté leur contribution [à 11,7 milliards de dollars], nous sommes loin des 20 milliards de dollars nécessaires pour que tous les malades aient accès à un traitement.

Quelque 5,2 millions de personnes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral à la fin 2009, a annoncé à Vienne l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est 1,2 million de plus qu’en 2008 – soit la plus forte augmentation en une année.

L’effort accompli en une décennie est sans précédent: au début des années 2000, l’accès aux traitements dans les pays en développement se limitait à quelques personnes. Pour autant, l’accès universel aux traitements — fixé à 2010 par le sixième Objectif du millénaire pour le développement — est loin d’être atteint. Plus de 10 millions d’autres personnes ont besoin d’un traitement antirétroviral. Les deux tiers des besoins ne sont pas couverts.

Cette annonce est donc une nouvelle en demi-teinte, d’autant plus que l’OMS indiquait en septembre 2009 un meilleur taux de couverture des besoins en ARV [antirétroviral]: 42 %. Explication: en novembre, deux mois après cette annonce, l’OMS a relevé le seuil d’indication de mise sous traitement dans les pays en développement. Auparavant établi à 200 CD4 (ce qui est désormais considéré par les experts comme trop tardif), il a été rehaussé à 350 CD4.

Cela a augmenté de près de 5 millions le nombre de personnes en indication de traitement. Mais si les objectifs sont atteints, cela permettra une baisse des décès de 20% d’ici à 2015.

ACCROÎTRE LES EFFORTS
Mais cela ne sera possible qu’à la condition d’accroître encore les efforts. En clair, d’augmenter les sommes allouées au financement des traitements. Or, le Fonds mondial, qui finance plus de la moitié des traitements — ceux de 2,8 millions de personnes en 2009 – manque déjà cruellement d’argent, et peine à satisfaire les demandes des pays récipiendaires.

Michel Kazatchkine, qui dirige le Fonds mondial, a multiplié les interventions pour dire son inquiétude, à l’approche de la conférence de reconstitution, chiffrant la somme nécessaire pour les trois ans à venir entre 13 et 20 milliards de dollars. Or, réunis le 5 octobre à New York, les donateurs ont finalement pris un engagement financier à hauteur de 11,7 milliards de dollars [soit environ 8,4 milliards d’euros] en faveur du Fonds pour la période allant de 2011 à 2013.

Même si ces contributions constituent la promesse financière la plus importante jamais faite pour la lutte menée collectivement contre ces trois pandémies à l’échelle internationale (9,7 milliards de dollars avait été obtenus en septembre 2007 à Berlin pour la période allant de 2008 à 2010), elles n’atteignent donc pas le montant le plus bas de la fourchette chiffrée par Michel Kazatchkine.

Pour les associations françaises (Act Up-Paris, Aides, Coalition Plus, Sidaction, Solidarité Sida), le compte n’y est pas: « Neuf milliards sont déjà gagés pour continuer à alimenter les programmes de traitements et de prévention déjà lancés (…). Il ne reste donc que moins de 3 milliards de dollars — soit moins d’1 milliard par an sur 2011-2013 — pour espérer prendre en charge davantage de malades. Cela constitue une décélération de 2/3 par rapport au rythme de financement actuel. »

Nestor Hervé (vih.org) et Renaud Persiaux (Transversal)

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