Dans le contexte de la mobilisation pour l’annulation des concerts du chanteur de reggae Sizzla le mois dernier et de Sexion d’Assaut plus récemment, la question revient régulièrement: pourquoi les associations ne portent-elles pas plainte contre des chanteurs ou des groupes qui tiennent des propos homophobes dans leurs chansons ou en interview?

Nous avons posé la questions aux associations LGBT. Voici la réponse de David Auerbach Chiffrin, président de l’association Tjenbé Rèd (section française de la campagne Stop Murder Music contre les chanteurs dont les textes appellent à la violence homophobe): « Notre association ne peut de tout façon pas porter plainte parce que nous existons depuis moins de 5 ans, et que cela fait partie des conditions… En ce qui concerne les autres associations, je pense que si elles ne portent pas plainte c’est parce que les choses ne sont pas si simples. La loi de 2004 est très difficile à faire appliquer, et les lois suivantes qui sont venues la compléter ont ajouté de la complexité. Pour la faire appliquer, il faudrait passer par un avocat spécialisé, et cela coûte cher pour une association! ».

Dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, l’association SOS homophobie – que nous avions également contactée – répond aussi à cette question, sur le cas bien particulier des propos homophobes tenus par Sexion d’Assaut, expliquant que ces propos remontent au mois de juin, il y a plus de trois mois: « Il y a prescription pour les propos tenus dans les médias et les chansons (trois mois): SOS homophobie ne peut pas aller en justice pour incitation à la haine par voie de presse ». L’association propose ainsi dans son communiqué de « privilégier l’action à la sanction ».

Sur la photo: Vybz Kartel, Sizzla, Sexion d’Assaut et Orelsan

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