Le Brésil, qui s’apprête à voter pour élire le nouveau chef de l’État, est le pays des superlatifs. Huitième puissance économique mondiale, le pays a réussi une conversion vers le développement sans égal, et il compte désormais sur la scène internationale.

C’est également au Brésil que se tient la plus grande Gay Pride du monde. Les organisateurs de l’édition 2010, qui s’est déroulé le premier week-end de juin, ont revendiqué 3 millions de participants à Sao Paulo, le poumon économique du pays.

Luiz Inácio da Silva, que tout le monde appelle Lula, élu en 2002 à la tête du plus grand pays d’Amérique latine, a un bilan globalement positif pour les LGBT brésiliens. En 2008, il s’était prononcé en faveur du « mariage gay » dans une interview à la télévision brésilienne. « Chaque être humain peut vivre comme bon lui semble à partir du moment où il ne porte préjudice à personne », a expliqué le chef de l’État, rappelant que plusieurs projets de loi pour légaliser le mariage gay sont à l’examen au parlement. « Ce que nous devons faire, c’est l’approuver », a-t-il ajouté. Ce n’est pas encore fait, mais la décision de l’Argentine d’autoriser le mariage des couples de même sexe devrait faire avancer les choses plus vite.

En janvier 2010, à l’occasion de la Vème Conférence de militants LGBT d’Amérique latine et des Caraïbes, Lula avait adressé un message aux délégués, dans lequel il réaffirme son soutien à la défense des droits LGBT et au combat contre l’homophobie.

De nombreux états du Brésil (un pays fédéral) se sont dotés de contrats d’union civile pour les couples de même sexe sur le modèle du pacs.

Cependant, Lula n’est pas à un paradoxe prêt puisqu’en mai 2010, il rendait visite au notoirement homophobe Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ce qui a provoqué la colère des associations LGBT au Brésil.

C’est aussi sur le terrain de la lutte contre le sida que le Brésil fait figure d’exemple. Dès la fin des années 90, le pays s’est lancé dans une politique de prise en charge thérapeutique des malades. En 2001, le Brésil part en guerre contre les laboratoires pharmaceutiques et produit des génériques des antirétroviraux. La couverture médicale est exceptionnelle pour un pays en développement, où un quart de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Les campagnes de prévention sont très nombreuses et la distribution de préservatifs parfois massive, comme en février dernier, où 55 millions de préservatifs ont été distribués pendant le Carnaval de Rio.

Demain, la candidate du Parti des travailleurs, Dilma Rousseff, qui a le soutien de Lula, a toutes les chances de l’emporter. Ce serait la première fois qu’une femme dirigerait le pays. Est-ce de bonne augure pour les homos brésiliens? Réponse dans quelques mois.

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