Suite de l’affaire Sexion d’Assaut. Comme promis, le groupe s’est exprimé. Il l’a fait par la voix de Lefa, auteur des propos homophobes de l’interview à International Hip-Hop. Voici le communiqué:

« Je me suis exprimé lors d’une interview, pour le lancement de l’album, sur l’homosexualité, ce qui a déclenché depuis plusieurs semaines beaucoup de réactions de la part de la maison de disques, de notre tourneur, et en interne dans le groupe… Les propos, que je reconnais avoir tenus, ne sont effectivement pas acceptables et je tiens avant tout à m’en excuser auprès des gens que j’aurais pu blesser.

Je me suis rendu compte en vérifiant la signification du mot « homophobie » que j’avais sorti une connerie plus grosse que moi. C’est vrai que j’ai grandi dans l’ignorance de ce que ce terme signifie vraiment. Mais ni moi ni le groupe ne sommes homophobes. L’homosexualité est quelque chose qui est très loin de nous, qui avons grandi dans un milieu macho, et on utilise des mots qui s’y rapportent à tout bout de champ, sans forcément tous les maitriser.

Le groupe a eu beaucoup de succès très vite, et c’est vrai que nous prenons conscience que nos paroles ont désormais un retentissement important, c’est la raison pour laquelle je voulais revenir là-dessus et clarifier les choses. »

Le fait que dans un premier temps, le groupe ait tenté de faire croire que le magazine avait déformé ses propos (avant de rétropédaler quand on a appris que l’entretien avait été enregistré) en dit long sur la sincérité de ces excuses.

Difficile de dire pour le moment si ces déclarations auront un impact sur la carrière du groupe, et notamment sur les concerts. Sur Facebook, certains commencent à appeler au boycott ou à l’annulation des concerts, comme sur cette page-ci ou celle-ci. À Brest, qui doit accueillir le groupe le 10 octobre, le programmateur local, Marc Ribette, cité par Le Télégramme (dans un papier complaisant où les propos du groupe sont qualifiés de « pas gentils ») cherche à minimiser: « Visiblement, nous avons affaire à des jeunes qui ont tenu des propos graves mais dépassant leur pensée. Il n’y a aucune réflexion derrière la teneur de ces paroles mais plus une habitude de langage. Ces propos, ils ne les assument pas et s’excusent publiquement auprès des personnes qu’ils auraient pu offenser. (…) Dont acte. Le spectacle ne sera pas une tribune politique mais bien une soirée détente entre jeunes. Le pardon est aussi une forme de tolérance ».

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