En marge de la 15e session régulière du Conseil des Droits Humains de l’ONU, les principaux officiels des Nations Unies ont appelé hier tous les pays qui criminalisent l’orientation sexuelle ou l’identité de genre à réformer ces lois et à assurer la protection des droits humains pour tous.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a prononcé un message fort lors de cette discussion à Genève, insistant sur les responsabilités qui incombent à l’ONU et les obligations des États pour mettre fin à ces violences et à ces sanctions: « Personne, au regard de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, ne devrait être sujet à la torture ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. Personne ne devrait être persécuté pour ses idées ou ses croyances. Personne ne devrait être puni pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression », a-t-il déclaré.

« Il ne fait aucun doute que les sensibilités culturelles profondément ancrées peuvent se réveiller lorsqu’il s’agit de parler d’orientation sexuelle. Cela prend du temps de changer les attitudes sociales. Mais les considération culturelles ne doivent pas pour autant se mettre en travers des droits humains fondamentaux ».

Au mois de mai dernier, déjà, lors d’une visite au Malawi, Ban Ki-moon s’était prononcé sur cette question après avoir félicité la décision du chef de l’État d’accorder son pardon à Steven et Tiwonge, un couple condamné à 14 ans de prison et de travaux forcés pour « violation de l’ordre naturel », c’est-à-dire pour homosexualité . Il avait déjà alors demandé que ces lois qui sanctionnent pénalement les personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre soient reformées, partout dans le monde. « De telles lois, notait-il, alimentent la violence, légitiment l’homophobie et contribuent à un climat de haine. »

La discussion d’hier à Genève était organisée et présidée par Navi Pillay, Haut-commissaire aux Nations Unies, qui s’est à son tour et une nouvelle fois fermement exprimée sur la question. Dans son message, elle a noté que malgré des progrès significatifs dans un certains nombres d’États, il n’existe toujours pas de région dans le monde où les personnes LGBT peuvent vivre totalement libres de toutes discriminations ou de menaces de harcèlement et d’attaques physiques, ajoutant que « dans 78 pays, des individus font toujours face à des sanctions criminelles fondées sur leur orientation sexuelles ou leur identité de genre ».

« Nous devrions chercher des manières de nous assurer que chacun puisse jouir d’une protection totale des droits humains internationaux, plutôt que de chercher des motifs qui justifient d’exclure certains individus », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que la décriminalisation de l’homosexualité devrait être une priorité et qu’elle devrait être accompagnée d’efforts plus importants, notamment d’initiatives législatives et d’initiatives d’éducation.

« Si nous avons tous droit à un éventail complet de droits humains et à une protection égale par la loi, alors, je crois, il ne sera jamais acceptable de priver certains individus de leurs droits, et d’imposer des sanctions criminelles à ces individus, non pas parce qu’ils ont causé du tort à qui que ce soit ou parce qu’ils représentent une menace au bien-être des autres, mais simplement parce qu’ils sont qui ils sont, parce que qu’ils sont nés avec une orientation sexuelle ou une identité de genre particulière. Le faire c’est délibérément exclure un certain nombre de personne de la protection des droits humains internationaux. C’est, en somme, un affront aux principes essentiels des droits humains et de la non-discrimination » a-t-elle conclu.

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