C’est Andy Harley de UK Gay News qui a lancé l’alerte: Nikolai Alekseev a-t-il vraiment été libéré? Et se trouve-t-il vraiment à Minsk? C’est une dépêche de l’agence Interfax qui a semé le doute dans son esprit, dépêche selon laquelle le militant LGBT russe aurait demandé l’asile politique en Biélorussie et aurait, sous la pression, retiré les plaintes déposées devant la Cour européenne des droits de l’Homme contre les autorités moscovites après l’interdiction des gay prides de 2006, 2007 et 2008.

PERSONNE, À MINSK, N’EST EN CONTACT AVEC NIKOLAI
Aucun membre de la communauté LGBT de Minsk n’a été en contact avec Nikolai, alors qu’il est l’un des co-organisateurs de la Slavic Pride, et cette demande d’asile semble inconcevable, pour reprendre le terme employé par le journaliste américain Doug Ireland, qui, comme Andy Harley, connait bien Nikolai. Autre cause d’inquiétude, soulignée par l’activiste biélorusse avec lequel Andy est en contact: tous les messages rassurants sur le sort de Nikolai ont été émis par sms, personne ne lui a parlé directement.

À cela s’ajoutent le fait que le site de GayRussia est quasiment inaccessible depuis hier et que le compagnon de Nikolai ne donne plus de nouvelles.

Tout cela conduit Doug Ireland à insister sur la nécessité de poursuivre la mobilisation, à continuer à montrer aux autorités russes que le monde entier est toujours attentif à la situation.

Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant  l’ambassade de Russie à Berlin, à l’appel du député Volker Beck, qui a remis à l’ambassade une lettre signée par les cinq partis représentés au Bundestag, appelant l’ambassadeur à agir pour une libération rapide de Nikolai Alekseev.

Hier, au moment où était annoncée la libération (à prendre au conditionnel, donc) de Nikolai, la rédaction de Yagg recevait deux communiqués qu’il n’y avait plus vraiment de raison de relayer, mais à la lumière des informations publiées par UK Gay News, il nous semble utile de leur donner une visibilité malgré tout.

Dans le premier, l’Intergroupe sur les droits LGBT du Parlement européen (composé d’eurodéputé-e-s) indique avoir alerté la délégation de l’Union européenne en Russie, qui suit donc l’affaire.

BERNARD KOUCHNER PRÊT À INTERVENIR?
Le second émane de Jean-Luc Romero, président d’Élus locaux contre le sida (ELCS), qui se dit « très choqué » de « l’arrestation arbitraire « du militant russe. « Depuis plusieurs années, Nikolai Alekseev se bat courageusement en faveur des droits des homosexuels et contre les discriminations extrêmement fortes vécues par les gays en Russie, rappelle le communiqué. À ce titre, il subit de nombreuses pressions de la part des pouvoirs publics. Ayant été lui-même présent lors de la première gay pride russe en 2006, manifestation tour à tour injustement interdite et par la suite  émaillée de nombreux faits de violence, Jean-Luc Romero se dit très inquiet pour Nikolai Alekseev. Il appelle Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes à une intervention urgente auprès des autorités russes en faveur de Nikolai Alekseev ».

Cette après-midi, un collaborateur de Jean-Luc Romero nous a indiqué que le président d’ELCS avait eu au téléphone un membre du cabinet de Bernard Kouchner lui disant que le ministre allait intervenir. Il semblerait que cette intervention soit toujours nécessaire…

Revoyez la rencontre avec les militants russes, dont Nikolai Alekseev, à Paris en juillet dernier:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Rencontre avec Nikolai Alekseev et Nikolai Baiev (Yagg).

[mise à jour, 20h50] « La France exprime sa vive préoccupation à la suite des informations faisant état d’une disparition à Moscou du président de l’association GayRussia Nikolai Alekseev, qui devait se rendre à Genève pour participer à une réunion, a indiqué le porte-parle du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, lors d’un point presse. Nous demandons aux autorités russes de respecter le droit d’association et d’expression et de garantir la liberté de mouvement d’Alekseev. Bernard Kouchner intervient en ce sens aujourd’hui auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov. La France rappelle sa condamnation des violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, quel que soit le pays où elles sont commises. »

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