nikolai alekseev

Nikolai Alekseev

Après l’arrestation du militant LGBT russe Nikolai Alekseev hier à l’aéroport de Moscou (lire Le militant LGBT russe Nikolai Alekseev arrêté à l’aéroport de Moscou), les premières réactions – et actions – d’élus français arrivent.

Dans une lettre à l’ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov, Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du Groupe Communiste au Sénat, et Ian Brossat, président du Groupe Communiste au Conseil de Paris font part de leurs « plus vives inquiétudes ». « Monsieur Nikolai Alekseev, président de l’association GayRussia et vice-président du Comité Idaho, est reconnu pour son engagement en faveur des libertés individuelles et contre les discriminations subies par les homosexuels en Russie, rappellent-ils. Selon nos informations, personne ne sait où il se trouve actuellement, ni ce qui lui est reproché. (…) [Nous] vous remercions par avance d’intervenir afin [qu’il] retrouve sans délai sa liberté. »

« La Russie n’est vraiment pas un État qui respecte les droits humains, encore moins les droits des personnes LGBT, a pour sa part déclaré à Yagg Caroline Mécary, avocate et élue Europe Écologie au Conseil régional d’Ile-de-France. Ce serait bien qu’il y ait une réaction du Quai d’Orsay… ».

LE QUAI D’ORSAY SE RENSEIGNE
Informé ce matin de cette arrestation par Yagg, le ministère des Affaires étrangères « se renseigne » sur la situation.

De son côté, Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, se dit prêt à intervenir auprès de l’ambassade de Moscou à Paris et du ministre de la Culture russe.

Selon l’Ilga-Europe, l’arrestation du militant serait liée aux plaintes qu’il a déposées contre la Russie devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). L’association précise que le même jour, le Queer Culture Festival qui devait s’ouvrir à St Petersbourg a dû être annulé après une recommandation de la ville décrivant le festival comme de « la propagande pour l’homosexualité ».

« TRÈS INQUIETS »
« Nous sommes très inquiets pour la sécurité de Nikolai Alekseev et exigeons la remise en liberté immédiate et sans condition du militant par les autorités russes, ainsi qu’il soit immédiatement mis fin aux pressions et intimidations dont il fait l’objet pour retirer ses plaintes devant la CEDH, réagit l’association dans un communiqué. L’Ilga-Europe a eu confirmation par des militants locaux que Nikolai était toujours en détention à midi, heure de Bruxelles. Il semblerait que les autorités russes aient compris qu’une défaite humiliante devant la Cour européenne des droits de l’Homme est inévitable et tentent par des moyens désespérés comme l’intimidation, la menace et l’enlèvement d’y échapper. »

[mise à jour, 14h35] Dans un communiqué, Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho, demande au gouvernement français d’intervenir dans les meilleurs délais: « Le Comité IDAHO est particulièrement choqué par l’arrestation de son vice-président dans un pays où on sait que les militants des droits de l’homme sont particulièrement mal traités et souvent assassinés. Nous demandons au gouvernement français d’entrer en contact avec son homologue russe au plus vite afin d’obtenir des explications sur le sort de Nikolai et demander sa remise en liberté immédiate. Cet incident est d’autant plus choquant alors qu’il intervient lors de l’année croisée France-Russie et que la Russie est systématiquement montrée du doigt pour son traitement des droits des personnes LGBT depuis plusieurs années ».

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